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La prise en main par l'Etat du projet Alzette-Belval2015 est-elle une bonne nouvelle?
 
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Développement urbain


 


Du béton avant tout, accompagné de beaux discours…

Mercredi, 12 octobre 2011

Nos élus mèneraient-ils une politique locale d’aménagement constituant une façade en trompe-l’œil en matière de développement durable et de respect de la biodiversité ?

Empreinte Positive s’étonne des déclarations* de monsieur le maire de Russange récemment relatées dans le Républicain Lorrain concernant la nouvelle centrale à béton installée à Russange (article du 6 octobre 2011 : « Holcim inaugure sa centrale à béton »). D’après le premier élu de Russange, le géant du béton, Holcim, aurait pris de remarquables dispositions pour préserver les enjeux en termes de biodiversité sur Micheville-bas classé Zone naturelle d’intérêts écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) depuis janvier 2011. Cet espace aux nombreuses zones humides est particulièrement riche en espèces protégées ou d'intérêt patrimonial.

Une mesure emblématique pour l’élu russangeois concernerait les amphibiens : la construction d’un muret autour du bassin de décantation et d’une rampe en cas de saut malvenu les protégerait de la noyade. Pourtant, cette mesure, défendue par les associations environnementales lors du passage du dossier au CODERST (Conseil de l'Environnement et des Risques sanitaires et technologiques), n’a jamais été mise en œuvre et n’a pas été inscrite dans l’arrêté préfectoral n°2011-DLP/BUPE205 du 6 juin 2011 détaillant les prescriptions spéciales pour le porteur de projet en matière de préservation du milieu naturel : Holcim avait semble-t-il plaidé auprès de la DREAL en début d’année qu’il était trop tard pour revoir ses plans d’aménagement et, au vu des enjeux écologiques de cet espace de reconquête de la nature, nous qualifions de « simples mesurettes » les prescriptions retenues dans l’arrêté préfectoral.

Bords du bassin de décantation bien abruptes, pas de muret, pas de rampe pour éviter la noyade des amphibiens...
A moins que les amphibiens ne sachent grimper à l'échelle ?

Quant à la quinzaine d’emplois générés par l’activité, il s’agirait, d'après nos informations, d’emplois délocalisés de Thionville… Pas de création d'emplois à la clé... Donc, en plus des risques qui pèsent sur les espèces protégées, largement négligés dans ce projet (collision, écrasement, pollution, noyade, dérangement...), combien de camions alourdiront le trafic déjà saturé d'Audun-le-Tiche pour alimenter la centrale en matière première et livrer les 40 000 m3 de béton prévus d'être produits chaque année sur ce site ?

Monsieur le maire de Russange connaîtrait-il si mal le dossier de la centrale à béton Holcim dont l'installation a été faite hâtivement, sans véritable concertation ? Ou utiliserait-il abusivement des arguments d’ordre écologique et économique pour rassurer les citoyens et promouvoir une politique locale d’aménagement fondée sur des principes opportunistes et peu durables ? Peut-on craindre un vent d’écoblanchiment à l’échelle du territoire ?

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* Citation pour information de l'article du Républicain Lorrain du 6 octobre 2011 "Holcim inaugure sa centrale à béton" : "Selon Gilbert Kaiser, qui s’est encore rendu sur place hier et a fait nettoyer le site de déchets en tous genres tenant dans pas moins de « onze bennes », cette nouvelle installation, génératrice « d’une quinzaine d’emplois », ne causera pas non plus de nuisance alentour. « Le bâtiment a été caréné pour éviter le bruit. Il n’y aura pas de poussière si ce n’est celle des camions. Un muret a été édifié autour du bassin pour éviter que des batraciens tombent dedans, je crois même qu’il existe une rampe au cas où ! Et l’extinction des lumières est prévue chaque soir à l’arrêt de l’activité pour ne pas gêner les chauves-souris », détaille le maire de Russange."


 


Infractions environnementales sur Micheville : les réponses des autorités locales  

Vendredi, 16 septembre 2011

Dans le cadre du grand projet d’aménagement Alzette-Belval déclaré opération d'intérêt national (OIN), M. Christian de Lavernée, préfet de région, a mis en place un comité de suivi dont la réunion de lancement a eu lieu le 21 juin 2011 à la préfecture de Metz (compte-rendu officiel disponible ici). Dans la perspective de l’émergence d’une agglomération durable, l'objectif affiché du comité est d’engager les collectivités territoriales et l’État (bénéficiant de la gouvernance sur le projet) dans une concertation avec les associations. Lors de la réunion de lancement, il a été décidé de mettre en place différents comités techniques dont le premier, relatif aux problèmes résultant de la fréquentation du site de Micheville, a eu lieu le 6 septembre 2011 sous la présidence de M. François Marzorati (sous-préfet de Thionville) et de Mme Christiane Boehler (sous-préfète de Briey).

Cette réunion de concertation était vivement attendue par Empreinte Positive puisque les problèmes de circulation d’engins motorisés, d’insalubrités et de pollutions sur les anciennes friches de Micheville sont au cœur des préoccupations de l’association. Dans un courrier adressé à l’EPFL (Établissement public foncier de Lorraine, gestionnaire de Micheville) en mars 2011 (courrier disponible ici), Empreinte Positive avait d’ailleurs sollicité une large concertation avec les acteurs locaux et les représentants des forces de l’ordre pour trouver des solutions pérennes à ces infractions en recrudescence, préjudiciables à la santé des riverains et au milieu naturel. Lors de cette réunion, M. François Marzorati (sous-préfet de Thionville), Mme Christiane Boehler (sous-préfète de Briey) et M. Pascal Gauthier (préfigurateur de l'OIN et directeur de l'EPFL) se sont engagés à prendre des mesures concrètes pour améliorer le respect de la loi sur Micheville. Ont assisté également à la réunion des représentants du conseil régional, des conseils généraux (54 et 57), de l’EPFL, de la mission de préfiguration Alzette-Belval, de la DREAL, de la CCPHVA et des associations environnementales de la région. Nous regrettons cependant fortement l’absence des acteurs de terrain : des élus des communes de Villerupt, Audun-le-Tiche, Thil, Rédange, Russange, des représentants des associations communales de chasse opérant sur Micheville et le responsable de l’aérodrome auraient été sans conteste des ressources essentielles dans l’étude de solutions pragmatiques.


Circulation d’engins motorisés dans les espaces naturels de Micheville

Micheville, vaste terrain isolé, façonné par l’activité industrielle passée, attire un nombre important d’usagers de véhicules à moteur de loisir (quads et motos). Alors que ce loisir est totalement interdit sur Micheville dont l’accès est réglementé, ces véhicules représentent une source de danger (risques d’accidents) et une réelle nuisance sonore pour les riverains vivant à proximité des entrées du site, et leur passage est lourd de conséquences pour l’espace naturel (érosion du sol, dégradation des habitats naturels, destruction de la flore et dérangement des animaux sauvages). Rappelons que le site, répertorié en zone naturelle d'intérêts écologique, faunistique et floristique de type 1, dite ZNIEFF des « Anciennes mines à ciel ouvert et souterraines de Micheville », abrite de nombreuses espèces protégées ou à fort intérêt patrimonial.

Mars 2011, circulation de quads sur Micheville

Mars 2011, regroupement de motards sur Micheville

La circulation de ces engins motorisés entraînent une recrudescence de comportements irrespectueux de la nature, telle la coupe d’innombrables arbres pour barrer les chemins, agissements que nous attribuons probablement à certains chasseurs présents sur Micheville souhaitant préserver leur tranquillité mais qui n’ont pas la légitimité pour réaliser ces « actions de gestion » (l’EPFL est l’unique gestionnaire du site). Ces méthodes pour condamner les accès ne sont que momentanément radicales, puisque les motards forgent rapidement d’autres passages, détériorant d’autant plus le milieu naturel.

Pour lutter contre la circulation des engins motorisés, les sous-préfets ont proposé de programmer des opérations « coup de poing »  conduites par les forces de l'ordre, relayées par une campagne médiatique (presse, radio, télévision) visant à sensibiliser la population locale et frontalière à la protection du site et au respect de la réglementation en vigueur. Concernant les arbres abattus illégalement par les chasseurs pour entraver les chemins, M. et Mme les sous-préfets se sont engagés à avoir des échanges avec les DDT (Directions des territoires) et les fédérations de chasseurs concernées.


Décharges sauvages sur Micheville et aux alentours

Depuis sa création, Empreinte Positive ne cesse de dénoncer l’état d’insalubrité de Micheville, qui est la cible de dépôts sauvages d’ordures (déchets inertes et non inertes), notamment dans la partie basse du site (Villerupt, Audun-le-Tiche, Russange) à proximité des entrées. Actuellement, les monticules de déchets attirent continuellement d’autres dépôts sauvages alors que les nuisances et les risques liés à ces insalubrités (insécurité, risques de blessures pour les riverains et d’étouffement pour les animaux, pollution des sols et des eaux, dégagement de gaz toxiques au cours de la fermentation des déchets…) avaient été soulevés en 2009 au cours d’une réunion de concertation au siège de la CCPHVA, regroupant élus locaux, représentants de l’EFPL et des forces de l’ordre, et futurs membres fondateurs d’Empreinte Positive. En 2009, un responsable de l’EPFL s’était alors engagé à programmer dans les meilleurs délais une vaste opération de nettoyage du site : nous regrettons vivement que plus de deux ans après cette belle décision, la situation n’ait pas évolué, l’appel d’offres de nettoyage n’ayant toujours pas été lancé par l’EPFL. Le coût particulièrement élevé de l'opération (plusieurs dizaines de milliers d'euros) expliquerait le retard dans la concrétisation de cette proposition. Lors de la réunion du 6 septembre 2011, M.  Gauthier, directeur de l’EPFL a renouvelé cet engagement. Nous espérons que cette fois, les promesses seront tenues dans des délais brefs.

Pour empêcher la circulation des gros véhicules (voitures, camions et camionnettes) qui s'introduisent dans le site à l’abri des regards, le responsable de l’EPFL a proposé de bloquer certains accès secondaires. Cette solution avait déjà été expérimentée en 2009  (un double merlon de terre a été érigé à l’entrée du site sur le territoire communal de Rédange) : cette solution efficace va certainement être rééditée par l’EPFL du côté de Russange, même si lors du comité technique du 6 septembre, un représentant du conseil général 54 a estimé que la mise en place aujourd'hui d'obstacles ou de barrières pour interdire l'accès à certaines parties du site serait une erreur puisque des mesures spécifiques seront prises au printemps 2012 lorsque les travaux de la liaison routière Belval – A30 débuteront. Pour information néanmoins concernant les merlons, il est à noter qu’Empreinte Positive a alerté l’EPFL en février 2011 (courrier disponible ici) sur le fait que le merlon de Rédange perturbe la migration de la faune sauvage, notamment des amphibiens (la hauteur et l’emprise du double merlon de terre constitue un réel obstacle) sur le corridor écologique situé entre les espaces naturels Natura 2000 luxembourgeois et Micheville. Empreinte Positive souhaiterait que le double merlon soit ouvert sur une largeur de 2 mètres et que la terre soit remplacée par des grosses pierres car il serait regrettable que cette barrière physique devienne une menace pour des populations d’amphibiens d'intérêt communautaire. L’inefficacité du double merlon pour faire obstacle aux quads et aux motos ayant été prouvée, l’EPFL s’est engagé à réaliser ces travaux avant la prochaine période de migration, des pierres suffisant à entraver la circulation des plus gros véhicules (un appel d’offres est en cours d'élaboration et il sera soumis à Empreinte Positive ainsi qu'au Conservatoire des sites lorrains pour avis avant d'être finalisé).

Mai 2011, décharge sauvage sur Micheville

Les représentants de l’État et des collectivités locales s’accordent régulièrement à dire que la reconquête des friches par urbanisation et la création d’une voie nouvelle au cœur du site (projet de liaison routière Belval – A30) sont des solutions cruciales pour la salubrité et permettront la disparition progressive des pratiques illégales de dépôts sauvages ; Empreinte Positive estime au contraire que les aménagements sur Micheville ne feront pas reculer ces pratiques malheureusement chroniques sur le territoire : de nouvelles décharges se créeront assurément dans des endroits plus isolés, au cœur des espaces naturels. Pour faire régresser le nombre de dépôts sauvages, il faut renforcer la vigilance policière sur le site et verbaliser lourdement en cas de flagrant délit pour dissuader les contrevenants de manière pérenne et espérer la disparition de telles pratiques anti-citoyennes. Bonne nouvelle, le 6 septembre, M. et Mme les sous-préfets se sont engagés à augmenter la surveillance du site par les forces de l’ordre. Ces surveillances viseront également les abords du site de Micheville, notamment à Rédange sur l’ancienne route qui mène à Hussigny où des déchets sont jetés en grande quantité dans le vallon du Diedenstein situé en contrebas de la route (cette situation est particulièrement problématique puisque les déchets sont inaccessibles pour le ramassage) malgré un arrêté municipal qui interdit toute circulation sur cette route (rappelons qu’une barrière avait été installée pour empêcher l'accès, mais celle-ci a été dégradée et non remplacée par la municipalité). La situation d’insalubrité de Micheville et de sa périphérie doit donc être prise en compte dans sa globalité.


Éliminations illégales des déchets par le feu sur le territoire

Empreinte Positive alerte également régulièrement les forces de l’ordre pour des éliminations illégales de déchets d’activité par brûlages à l’air libre sur le site d’entreprises basées sur Micheville et en périphérie, mais également pour des feux de déchets qui se déclarent dans les décharges sauvages sous l’effet du soleil ou qui sont allumés par des individus mal intentionnés (pour récupérer le cuivre dans les câbles notamment). La pratique du brûlage sauvage de déchets a des effets invisibles mais dévastateurs sur la santé publique (exposition des ouvriers et des riverains à des substances toxiques pour l’organisme) et sur le climat (production de gaz responsables entre autres de l’effet de serre).

29 août 2011 - Feu de déchets sur le site d'une entreprise de Villerupt sur Micheville

Lors de la réunion du 6 septembre, Empreinte Positive a fait part aux sous-préfets des problèmes rencontrés par l’association relatifs à ce type d’infraction : réticence de la part des forces de l’ordre d’intervenir sur des terrains privés, résistance pour recueillir les plaintes, difficultés des autorités dans la caractérisation des infractions, manque de coopération de certains élus locaux ne répondant jamais aux nombreux courriers d’alerte, aucun retour de la part du parquet concernant les plaintes déposées depuis deux ans… Pour remédier à ces difficultés, une procédure de suivi de dossier va être mise en place par les sous-préfets : toute infraction sera portée à la connaissance de l’EPFL et des sous-préfectures. Accompagnée d’une sensibilisation des élus et des forces de l'ordre, ces mesures devraient permettre une prise en compte sérieuse des infractions relatives à l’élimination illégale des déchets par brûlage sur le territoire du Pays Haut Val d’Alzette.


Micheville constitue une « zone » fréquentée par des individus n’hésitant pas à intimider les promeneurs pour pouvoir perpétrer tranquillement leurs pratiques illicites. Le non-respect de la législation relative à l’environnement de la part de ces individus fait peser un sentiment d’insécurité sur les citoyens et nuit profondément à l’image du territoire : dorénavant, en s’appuyant sur le tissu associatif local fort de sa connaissance du secteur, la collectivité et les élus locaux doivent impérativement résoudre ces difficultés et prendre soin de l’environnement dans la perspective d’une ville durable.

 


Questions d'avenir du territoire

Vendredi, 20 mai 2011

L’association Empreinte Positive souhaite réagir aux différents articles parus dans Le Républicain Lorrain au mois de mai 2011 sur le commencement des travaux du « contournement » d’Audun-le-Tiche et l’annonce de la création d’un comité de concertation « biodiversité » dans le cadre de l’Opération d’intérêt national Alzette-Belval.

Pour cadrer le débat, les membres d’Empreinte Positive tiennent à éclairer les lecteurs sur le positionnement de l’association vis-à-vis du projet routier : nous sommes persuadés que les acteurs locaux se doivent d’apporter des solutions efficaces au problème épineux de saturation du trafic routier, car cette situation détériore grandement la qualité de vie des habitants du val d’Alzette et des frontaliers transitant chaque jour par cet axe. Cependant, alors que les revendications en termes de gestion des déplacements urbains sont légitimes, nous déplorons que le projet de « contournement » ne puisse répondre aux attentes de la population : le tracé de cette nouvelle infrastructure qui sera conçue comme une voie autoroutière engendrant une coupure lourde au cœur de l’agglomération, ne réglera pas les problèmes transfrontaliers de mobilité, ne sera pas compatible avec les aménagements urbains futurs et sera néfaste du point de vue de l’environnement. Une analyse semble-t-il partagée par des professionnels d'expérience (cf. article du RL du 13/05/2011 "Quand les étudiants pensent Eco-cité"). Il serait préjudiciable pour l’ensemble de la population que les élus et les conseils généraux (maîtres d’ouvrage du projet) s'entêtent à vouloir réaliser la voie de « contournement » selon les insuffisances actuelles du projet (tracé et spécifications techniques), alors que dans le cadre de l’Opération d’intérêt national (OIN), il leur serait possible de revoir leur copie afin de trouver une solution adéquate, pérenne au regard des problématiques locales.

Les élus locaux se félicitent hâtivement que « le contournement est en route et [que] personne ne l'empêchera » (propos de Monsieur Piovano relatés dans l'article du RL daté du 07/05/2011 intitulé "La route en bonne voie"). Pourquoi taisent-ils à la population que des demandes de dérogations, au titre du Code de l’environnement, concernant la destruction d'espèces protégées doivent impérativement être instruites par les conseils généraux auprès du Conseil national de protection de la Nature (CNPN) ? L'issue de ces demandes conditionne strictement le début des travaux de cette infrastructure lourde. Le dossier n'a pas encore été déposé par les conseils généraux, et les dérogations de destruction (pour plus de 70 espèces végétales et animales protégées dont une vingtaine protégées au niveau européen) sont loin d’être délivrées. Gageons que les acteurs locaux respectent néanmoins les procédures, car dans le cas contraire, comment pourrions-nous croire au discours rassurant des élus en faveur de la protection de la nature alors que cette première étape indispensable à la mise en œuvre des mesures de compensation d'impacts sur le milieu naturel serait totalement bafouée, au mépris des lois en vigueur ? Rappelons que les malheureux événements de destruction de zones humides abritant des espèces d’amphibiens protégés lors des travaux de remblaiement du crassier de Russange (début avril 2011), sans demande préalable de dérogation, mettent quelques acteurs locaux dans une situation particulièrement délicate.

Nous pensons que préserver le patrimoine naturel et culturel au niveau local permet d'assurer un cadre de vie sain et équilibré pour la population et de renforcer l’attractivité du territoire. Les collectivités locales doivent se mobiliser davantage en intégrant les enjeux de la biodiversité au cœur de leurs politiques, en ayant à l’esprit que ces enjeux dépassent le cadre local et doivent traduire les défis environnementaux à relever à l’échelle mondiale. Ainsi, la création annoncée dans la presse (RL du 07/05/11 - "Un contournement au long cours") d’un comité de suivi « biodiversité » dans le cadre de l’OIN est accueillie par les représentants d’Empreinte Positive comme une bonne nouvelle. Il nous paraît indispensable que ce comité soit démocratique, c’est-à-dire ouvert à toute association de protection de la nature souhaitant y participer (le comité ne doit pas être constitué uniquement d’entités désignées arbitrairement par les élus).

Pour l’heure, nous ne pouvons qu’avoir une analyse circonspecte de l’efficacité de ce comité car d’emblée, l’impact sur la nature du projet routier est totalement dissocié des impacts des futurs d’aménagements. Le comité de suivi « biodiversité » devra pouvoir débattre à l’échelle globale, à la lumière d’un diagnostic environnemental pertinent et fin de tout le périmètre de l’OIN. Les données naturalistes de la ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique) étendue récemment à l’ensemble de Micheville et aux hauteurs de Rédange (pour une surface totale de 574 hectares) et des autres ZNIEFF du territoire devront être amplement approfondies. Il est indispensable que les acteurs locaux se soumettent aux durées qui seront nécessaires à la réalisation des études de terrain et aux mises sous protection de certains espaces naturels fragiles qui les accompagneront inévitablement.

Enfin un dernier point nous paraît essentiel : face au projet de grande ampleur Alzette-Belval, comment ne pas solliciter, voire revendiquer, qu’une procédure d’information du public, étendue aux territoires adjacents, soit menée en prenant la forme d’un véritable débat public démocratique pour permettre à chaque citoyen de saisir les objectifs et le déroulement du projet d’OIN qui va, pour sûr, bouleverser notre territoire ?

 

 

Questionnaire adressé aux candidats aux cantonales 2011
Jeudi, 17 mars 2011
Les élections cantonales 2011 représentent une bonne occasion pour débattre des problématiques du territoire, en particulier de l'organisation des transports et l’amélioration du cadre de vie.  Parce que les élus locaux ont une grande responsabilité dans l’application des bonnes pratiques de développement, écologiquement et socialement soutenables, il est intéressant de connaître leurs projets avant chaque élection. C'est donc le débat démocratique qui a motivé cette démarche citoyenne.
Regroupés au sein du collectif Les grands chemins du val d’Alzette, le Secteur fédéral CGT des cheminots de la région de Metz, et les associations ERFFAL, AGIRR-FNAUT, Empreinte Positive ont élaboré une série de questions adressées début mars 2011 aux candidats des cantons de Villerupt et de Fontoy.

A ce jour, uniquement trois candidats des deux cantons ont apporté des réponses au collectif Les grands chemins du val d'Alzette. Nous les remercions pour leur contribution.

 

Ont également reçu le questionnaire mais pour l'heure nous n'avons pas obtenu de réponse :

  • Pour le canton de Fontoy : Michel Jakubczyk (POI), Jacky Aliventi (PS), Sylvie Thomas (UMP), Fabrice Bertram (FN)
  • Pour le canton de Villerupt  : Joseph Sarnari (UMP), Françoise Kral (POI), Francis Herbays (PS)

Voici le questionnaire qu'ils ont reçu (une version pdf est disponible en cliquant ici) :

Mobilité et transports

L'attractivité du bassin d'emplois luxembourgeois fait peser sur le bassin de l’Alzette un important trafic routier transfrontalier, avec une saturation aux heures de pointe des principales voies de circulation, notamment à Audun-le-Tiche et Villerupt. En réponse à ces problèmes d’engorgement du trafic, les conseils généraux mosellan et meurthe-et-mosellan portent le projet de liaison routière A30/Belval.

Ce projet « tout routier » d’avenue urbaine est contraire aux engagements du Grenelle 2 qui visent notamment, par le déploiement de transports collectifs urbains et périurbains, à assurer une politique de transport cohérente, plus respectueuse de l’environnement tout en assurant les besoins en mobilité.

La liaison routière ne s’inscrit pas dans le traitement des points de congestion puisque l'augmentation des capacités routières ne pourra pas désengorger le centre-ville d’Audun-le-Tiche : l’essentiel des automobilistes constituant la principale part du flux routier venant d'Aumetz, de l’A30 et de Fontoy, continuera à traverser la ville pour rejoindre la future route.

La nouvelle infrastructure permettra aux plus gros poids lourds venus de Belgique de rejoindre la France via le Luxembourg, tout en évitant Zoufftgen (actuellement les gros poids lourds n’ont pas la possibilité de passer dans l’agglomération d’Audun-le-Tiche à cause du pont-rail au niveau de la frontière, qui impose une contrainte de hauteur). Ainsi, la voie pourrait se transformer en « couloir à camions », occasionnant pollution atmosphérique, nuisances sonores, insécurité routière supplémentaires dans l’agglomération.

Le projet de liaison routière A30/Belval ne correspond pas à un programme d'aménagement durable prenant en compte le développement du transport intermodal : la liaison routière Belval/A30 condamne l’ancienne voie ferrée Fontoy/Audun-le-Tiche. Pourtant une remise en service de cette voie ferrée pourrait régler une partie des problèmes de mobilité en permettant de connecter le val d’Alzette au réseau TER de Lorraine en direction de Thionville, Metz, Nancy via Aumetz et Fontoy.

1. Quelles mesures envisagez-vous pour réduire la place, dans l’agglomération, des transports fortement consommateurs de pétrole et grands émetteurs de gaz à effet de serre, et pour augmenter l’offre en moyens de déplacements plus propres (train, transports collectifs, vélo…) ?

 2. Quelles mesures envisagez-vous pour développer le transport intermodal ?

 3. Envisagez-vous la création d’un réseau cyclable et piéton sécurisé continu entre les villages de la communauté de communes du Pays Haut Val d’Alzette ?

 4. Quelles solutions envisagez-vous pour que la liaison routière en projet ne se transforme pas en « couloir à camions » ?

 5. Jugez-vous l'accessibilité des localités du canton suffisante en transports collectifs depuis les villes de Lorraine les plus proches ? Envisagez-vous des mesures particulières ?

 6. Seriez-vous prêt à ouvrir rapidement le débat sur l’opportunité de la remise en service de la liaison ferroviaire Fontoy-Audun ?

 7. Quelles sont selon vous les principales contraintes de la réhabilitation de la ligne ferroviaire ?

 

Aménagement du territoire et patrimoine naturel

Lors du choix du tracé en 2005, l’étude préliminaire de la liaison routière A30/Belval, basée sur des données bibliographiques datant de 1994, avait largement sous-estimé l’impact environnemental du projet : l’étude d’impact n’avait fait état que d’une petite dizaine d’espèces protégées et les fonctionnalités écologiques locales et transfrontalières n’avaient pas été étudiées.

Une étude complémentaire faune-flore a été menée par les conseils généraux mosellan et meurthe-et-mosellan en 2010, à la suite d’un avis émis par l'Autorité environnementale. Cet inventaire a révélé d’une part, sur le tracé de la route, un très grand nombre d’espèces et habitats protégés (pour information, l’étude des structures naturalistes de Lorraine a fait état sur le secteur de près de 70 espèces et habitats protégés au niveau communautaire, national ou local). D’autre part, un échange de faune entre le site de Micheville et les sites protégés luxembourgeois frontaliers, intégrés au réseau Natura 2000, a été identifié, attestant que le couloir de dispersion (corridor écologique) reprend exactement l’ancienne voie de Micheville (futur tracé routier). Entravant la mobilité des populations animales entre les différents habitats vitaux, la liaison routière pourrait menacer la survie de nombreuses espèces protégées de part et d’autre de la frontière (mortalité par collision, confinement, fragmentation, pollutions lumineuses…).

Avant la fin de l’année 2011, des demandes de dérogation au titre de la destruction d'espèces et habitats protégés auprès du Conseil national de protection de la Nature (CNPN) vont être instruites par les conseils généraux, et l'issue de ces demandes de dérogations conditionne les travaux. Dans le cas d’un avis favorable, des mesures de suppression, de réduction, de compensation d’impacts pourraient considérablement alourdir le budget financier du projet routier.

Dans le contexte d’Opération d’intérêt national et d’éco-agglomération transfrontalière, le projet routier A30/Belval qui entre dans le cadre plus général du développement économique du territoire, risque de constituer l'une des principales causes de dégradation de l’environnement au niveau du bassin transfrontalier par artificialisation des sols et fragmentation des habitats : il est regrettable qu’un diagnostic global des contraintes environnementales frontalières n’ait pas été instruit en amont de ce grand projet de développement.

8. Quelles mesures envisagez-vous pour préserver la richesse naturelle et paysagère exceptionnelle de Micheville, constitué d’une mosaïque d’habitats (réseaux de mares, prairies humides, taillis arborescents, fronts de taille, éboulis thermophiles, prairies sèches calcaires, mines souterraines…) et pour éviter une fragmentation du territoire préjudiciable à la biodiversité ?

 9. Au vu des insuffisances de l’étude préliminaire du projet routier, des nouvelles données environnementales et des coûts supplémentaires que vont occasionner les mesures de compensation d’impact, seriez-vous prêt à inciter les conseils généraux à instruire une nouvelle enquête publique afin d’étudier d’autres variantes au tracé routier ?

 10. Que proposeriez-vous pour intégrer les projets de développement dans une stratégie globale de développement durable (notamment par exemple, en mettant en œuvre à l’échelle du canton un Agenda 21) ?

 11. Envisagez-vous de proposer dans des délais brefs l’instruction d’un diagnostic global des contraintes environnementales afin de prémunir le territoire d’une urbanisation anarchique ?


Préservation de la nature et qualité de vie

De nombreuses atteintes environnementales sont recensées sur le territoire du Pays Haut Val d’Alzette, en particulier aux abords de Micheville qui est un ancien site sidérurgique de 350 hectares géré par l'Établissement public foncier de Lorraine mais non surveillé depuis le démantèlement des usines. Le territoire est particulièrement la cible de pratiques illégales d’élimination de déchets (brûlages à l’air libre ou dépôts sauvages de déchets ménagers ou issus de la démolition, inertes ou non inertes). Ces pratiques font peser un risque important sur les populations alentour et le milieu naturel. Les contrevenants passent souvent entre les mailles du filet des sanctions car peu de moyens sont mis en œuvre pour établir des flagrants délits.

Alors que l’accès est interdit à tout véhicule sur le site de Micheville, de nombreux quads et motos circulent hors piste. Ces véhicules représentent une réelle nuisance sonore pour les riverains vivant à proximité de l'entrée de Micheville, et leur passage est lourd de conséquences pour l’espace naturel (érosion du sol, détérioration de la flore et dérangement des animaux sauvages).

12. Afin de réduire ces atteintes environnementales, envisagez-vous de demander aux autorités compétentes (douanes, police, gendarmerie, services départementaux de l'Écologie et de l'Agriculture…) de coordonner une surveillance plus intensive sur les sites concernés et d’organiser des opérations « coup de poing » de contrôle ?


Santé-environnement

Toutes les analyses de sol réalisées sur Micheville portées à notre connaissance confirment une pollution importante des sols (hydrocarbures tels les PCB, le benzène ; métaux lourds tels le plomb, le cadmium ; gaz tels le naphtalène, le m-p xylène…). Cette pollution est consécutive à une activité sidérurgique passée importante et à l'absence de mesures de protection de l'environnement, notamment au moment du démantèlement des usines.

Pourtant, alors qu’il est maintenant bien établi qu’une des conséquences les plus fréquentes et les plus pénalisantes sur le plan sanitaire de la présence de sols pollués est la dégradation de la qualité de l’air intérieur des bâtiments construits sur ou à proximité des sites, de nombreux projets d'aménagement urbain sont en cours d'élaboration sur Micheville, dont la construction d’habitat dans le cadre de la future ÉcoCité.

Il nous a été indiqué par des acteurs locaux que la dépollution partielle des zones d'aménagement sera du ressort des investisseurs et des entrepreneurs qui, pour augmenter leurs marges, pourraient être tentés de se limiter à un minimum : une pollution résiduelle pourrait ainsi exposer les futurs habitants du site à des risques sanitaires potentiellement lourds de conséquences.

13. Au regard de cette menace sanitaire et en vertu du principe de précaution, pensez-vous qu’il est justifié de construire de l’habitat sur Micheville ? Pensez-vous que la dépollution des sols est financièrement soutenable ?

             


 
 

Des inquiétudes en béton...

Jeudi, 17 Mars 2011 13:53

S’il est un chantier qui suscite bien des interrogations, c’est celui de la centrale à béton Holcim Bétons SAS qui a débuté mercredi 9 mars 2011. Première pierre d’un aménagement de Micheville-bas particulièrement convoité par les élus locaux dans le cadre de l’ÉcoCité, cette imposante exploitation industrielle sera située à moins de 150 mètres d’une cité minière russangeoise, au coeur d’un espace abandonné, caractérisé par une biodiversité exceptionnelle.

 

Les incertitudes relatives à l’impact de l’installation sur la qualité de vie des populations riveraines sont multiples : L’exploitation sera-t-elle génératrice de bruit et de poussières ? À la fin du printemps, lorsque la centrale sera en activité, pourra-t-on encore ouvrir les fenêtres ? Cette exploitation va-t-elle défigurer le paysage depuis les jardins de la cité ouvrière ? Doit-on craindre la cadence infernale d’un ballet de poids lourds dans l’agglomération pour approvisionner le site en matériaux ? Malgré les prescriptions réglementaires relatives à cette Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), l’éventualité que les riverains puissent durement ressentir des nuisances n’est pas exclue. L’association Empreinte Positive se tient à la disposition de la population afin de centraliser les éventuelles réclamations relatives à la conformité, qu’elle se propose le cas échéant de formuler aux services d’inspection concernés.

 

Plus inquiétant, l’impact sur le plan sanitaire du chantier de construction est une question centrale : située sur le terrain de l’ancien moulin à scorie de Micheville, la mise en place de l’exploitation nécessite l’excavation de terres polluées par des métaux lourds dont le plomb. Ces terres resteront sur place puisque l’exploitant a choisi de ne pas les retraiter, mais elles sont actuellement retournées et déplacées sur la zone de chantier dans le cadre des travaux d'installation. Des mesures sanitaires adaptées sont-elles prises pour prémunir les ouvriers du chantier et les riverains des éventuelles émanations de composés toxiques préjudiciables à la santé ?

 

Alors que les politiques locaux se félicitent de mener une politique d’aménagement durable du territoire dans le cadre de l’éco-agglomération transfrontalière, on peut s’interroger sur la totale absence d’évaluation environnementale des travaux de cette exploitation sur la ressource naturelle du secteur. En janvier 2010, Empreinte Positive avait saisi l’autorité préfectorale sur les possibles conséquences néfastes de l'installation de la centrale à béton sur la richesse écologique de Micheville afin que la société puisse mettre en oeuvre d’éventuelles mesures de compensation. Alors que notre demande était en cours d’instruction auprès des services de la DREAL Lorraine, le 9 mars 2011, la société Holcim Bétons SAS, pourtant informée de la requête, a entrepris hâtivement les travaux de défrichement sur les 60 ares de l’exploitation, localisés sur une espace naturel de 500 hectares concerné par un projet de classement ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Ce projet de ZNIEFF, attestant de la richesse naturelle exceptionnelle de la friche industrielle et des mines à ciel ouvert de Micheville et de Rédange, frontalières avec la réserve naturelle de Differdange-Est classée Natura 2000, est actuellement en cours de validation finale auprès du Muséum d’Histoire naturelle à Paris. Saisis par Empreinte Positive, les services de la DREAL Lorraine s’attachent à prescrire à Holcim Bétons SAS des mesures complémentaires de réduction de l’impact environnemental. S’il est trop tard pour compenser la perte d’habitat naturel due au défrichement, le géant du béton devra néanmoins se prémunir de toute entrave à la circulation des espèces sauvages tout en garantissant que le bassin de décantation ne devienne pas un piège à amphibiens. Une attention particulière devra être portée sur l’impact des travaux et des futures activités du site sur les chiroptères (10 espèces protégées de chauves-souris, dont le Grand rhinolophe ont été recensées sur Micheville) : en effet, sur le terrain de la future centrale à béton, un mur datant de l’exploitation minière a été mis au jour par les travaux de défrichement et correspond à un gîte tout à fait favorable pour les chauves-souris.

 

On comprend bien que le projet d’implantation de la centrale à béton Holcim corresponde à la vive volonté des politiques locaux d’avoir sur place la matière première nécessaire aux constructions et à l’édification d’une nouvelle zone urbaine. Cependant, les espoirs portés sur le développement économique du secteur frontalier ne doivent pas se convertir en une urbanisation précipitée. Les principes d’aménagement durable doivent assurer une répartition cohérente des futures activités et des constructions sous peine de nuire à la qualité de vie des riverains qui aspirent à un cadre de vie exempt de nuisances et de fragmenter les espaces naturels remarquables en portant atteinte à la biodiversité et au paysage.


Photo : défrichage du terrain d’Holcim Bétons SAS (11/03/2011)

 

 


Ecocité Alzette-Belval, dans la perspective du "durable"

Lundi, 09 Novembre 2009 09:36

 

Étape historique pour notre territoire, le projet d'éco-agglomération Alzette-Belval fédérant les 8 communes de la CCPHVA et 4 communes frontalières luxembourgeoises a remporté, mercredi 4 novembre, le concours national EcoCité au même titre que 12 autres projets. L’État accompagnera financièrement un développement urbain misant sur le Durable. Le montant total de l'aide n'a pas encore été fixé.

Nous espérons qu’un Agenda 21, plan d’action « Développement durable » sera mis en place afin de consulter la population et que les associations locales telles Empreinte Positive auront l'occasion de participer aux discussions et réflexions relatives aux futurs projets d’aménagement.