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Actualité Empreinte Positive
Biodiversité

La biodiversité en héritage

Micheville, terre de mémoire d’une intensive exploitation minière, est aujourd’hui un véritable berceau de biodiversité. L’homme en bouleversant le paysage pour l’exploitation du minerai de fer a façonné une mosaïque d’habitats naturels colonisés au fil du temps, après l’arrêt des activités sidérurgiques, par une nature pionnière.

La friche industrielle et les anciennes mines de fer à ciel ouvert de Micheville et des environs, ainsi que la vallée du ruisseau Beler (entre Russange et Rédange) constituent un patrimoine naturel et paysager remarquable abritant de nombreuses espèces protégées ou à haute valeur patrimoniale (par exemple : Grand rhinolophe, Grand murin, Damier de la Succise, Triton crêté, Pélodyte ponctué, Crapaud calamite, Alyte accoucheur, Ophioglosse vulgaire, Ophrys abeille…).

Les réseaux de mares, prairies humides, taillis arborescents, fronts de taille, éboulis thermophiles, prairies sèches calcaires à orchidées remarquables, mines souterraines sont connectés biologiquement aux zones Natura 2000 frontalières luxembourgeoises, permettant un échange des populations sauvages de part et d’autre de la frontière (corridor écologique transfrontalier).

Au cœur du bassin de vie de la communauté de communes du Pays haut val d’Alzette, cette exceptionnelle richesse naturelle et paysagère est un atout pour le territoire, et sa pérennité doit être assurée par des mesures de gestion et de conservation fortes.

 

Retrouvez dans cette rubrique
toutes les actualités relatives à la biodiversité
sur le territoire du Pays haut val d'Alzette

 




Les amphibiens font les frais de l'immobilisme des pouvoirs publics

Vendredi, 16 Mars 2012 11:27
 

Depuis près de trois ans, l'association se bat pour faire respecter la biodiversité exceptionnelle du corridor écologique situé sur Micheville. Malheureusement, et malgré quelques promesses, la situation ne cesse de se détériorer...

Ainsi, depuis le début de la période de reproduction/migration des amphibiens 2012, nous avons observé de nombreux passages de motos et de quads dans la mare située sous le front de taille de l’ancienne carrière de Micheville. Nous avons pu constater la destruction de tritons palmés par écrasement (dont une femelle remplie d'œufs).

Tritons palmés morts vraisemblablement à la suite du passage répété d'engins motorisés

dans cette zone humide exceptionnelle située sur Micheville

 

De plus, le 15 mars 2012, des membres d'Empreinte Positive ont constaté une éventuelle pollution de la mare : des tritons ont été retrouvés morts et ne présentent aucunes marques d'écrasement, ce qui laisse supposer que cette destruction résulterait d'une possible pollution du milieu. Cette mare est l’unique site de reproduction connu du Triton crêté (35 individus répertoriés en 2011) dans le secteur et accueille la reproduction d’au moins huit espèces d’amphibiens dont les rares Pélodyte ponctué, Crapaud calamite et Alyte accoucheur.

Aujourd'hui, et pour la énième fois, nous avons adressé un courrier à l'autorité préfectorale et à l'EPFL, gestionnaire du site, pour leur demander instamment de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver ce milieu de la dégradation volontaire orchestrée par quelques pilotes irréfléchis. Nous ne manquerons évidemment pas de vous tenir régulièrement informés de la situation.


 

Les crassiers, des zones refuges pour des espèces menacées

Lundi, 30 Mai 2011 12:29

Cet article rédigé par Mike Ulmerich et Gilles Biver a été publié dans le journal officiel “Regulus” (juin 2011) de l'association de protection de la nature Natur an Emwelt - Letzebuerger Natur - an Vulleschutzliga (LNVL).

Le crassier d’Ehlerange, situé au nord-est d’Esch/Alzette, sur le territoire de la commune de Sanem, est un bon exemple de zone refuge pour des espèces menacées. Différentes visites des lieux au cours des derniers mois ont révélé une multitude d’espèces menacées et/ ou protégées.

Personne n’y avait soupçonné une telle diversité. D’ailleurs au cours des années 1960-70 les riverains appréhendaient l’ensevelissement d’Ehlerange par les gravats du crassier… Bien sûr, il en fût tout autrement. Lentement les berges du crassier diminuaient : les gravats étaient utilisés entre autres pour les constructions de voies ferrées et routières. Dans certaines parties du crassier, le calme s’est installé entretemps, suivi d’une panoplie d’espèces pionnières qui ont su profiter des différents habitats en développement : mares, roselières, friches…

Ainsi l’ornithologue se réjouit de pouvoir observer le Traquet tarier en période de migration, mais également en période de nidification. Le crassier d’Ehlerange, ainsi que le crassier du Wawerbësch près de Differdange, sont les deux uniques sites de reproduction de l’espèce encore connus au Luxembourg. Le Traquet tarier figure sur la liste rouge des oiseaux nicheurs.

D’autres espèces rares figurant sur la liste rouge sont également présentes :
- Le Petit Gravelot qui niche à-même le sol et élève habituellement 4 poussins. Plusieurs couples ont été dénombrés à Ehlerange.
- La Bergeronnette printanière, qui préfère habituellement des prairies est bien représentée au crassier et ssemble s’y plaire.
- La Rousserolle effarvatte a été contactée dans les roselières du crassier. Pas moins de 8 mâles chanteurs défendaient leur territoire contre d’autres congénères mâles, tout en attirant une femelle.

Mais le highlight du crassier d’Ehlerange est sans doute le Crapaud calamite. Cet amphibien aux cris caractéristiques a été trouvé cette année pour la première fois dans ces lieux. Il s’agit du troisième site de reproduction pour le Luxembourg actuellement connu! Le Crapaud calamite fait l’objet d’un Plan d’Action Espèce national.


Malheureusement, le calme sur ce site n’est qu’apparemment provisoire: le crassier d’Ehlerange figure sur la liste nationale des sites prioritaires pour le développement économique. Espérons qu’un compromis pourra être trouvé pour conserver le crassier d’Ehlerange, en partie dans l’état actuel, pour accueillir davantage d’espèces rares et pour garantir un refuge aux espèces menacées déjà présentes.


Un réseau transfrontalier, accueillant des espèces menacées

La question de la provenance du Crapaud calamite sur le crassier d’Ehlerange se pose évidemment. La colonisation de cette espèce pionnière se fait souvent par la migration de jeunes individus provenant de sites ayant une population prospère.

Les deux autres sites de reproduction luxembourgeois connus sont trop éloignés pour ce phénomène. Par contre, à 3 kilomètres de ce site, du côté français, plusieurs sites riches en Crapaud calamite sont connus.

Le crassier de Russange et la friche de l’ancienne mine de fer à ciel ouvert de Micheville présentent des populations stables du Crapaud calamite, mais également de l’Alyte accoucheur (absent au Sud du Luxembourg) et du Pélodyte ponctué (non repéré au Luxembourg)… Et ceci à quelques centaines de mètres de la frontière luxembourgeoise, notamment de ses zones Natura 2000!

Hélas, sur le crassier de Russange depuis deux ans les mares sont systématiquement ensevelies malgré une stricte interdiction des autorités compétentes. Le futur contournement Belval/Audun-le-tiche/Tiercelet menace non seulement ces biotopes de reproduction protégés (selon les directives européennes respectives) mais également la migration vers d’autres sites par un isolement génétique.


Si la collaboration entre l’Etat luxembourgeois et français, au niveau économique, semble avancer à grand pas, il en est, malheureusement, pas de même concernant la protection de l’environnement.

Le Damier de la succise, l’Alouette lulu et le Petit Gravelot pour ne citer que trois des plus de 70 espèces protégées et présentes sur ces sites français, sont susceptibles d’entretenir des liens avec les populations luxembourgeoises. Un véritable réseau transfrontalier, accueillant des espèces menacées s’est installé : les crassiers d’Ehlerange, de Russange et de Mondercange, et les friches des anciennes mines de fer à ciel ouvert de Micheville et de la région de la Minette luxembourgeoise.


La disparition des populations françaises risque d’avoir un impact sur celles au sud du Grand-Duché. Malheureusement, pour l’instant, ceci n’est pris en compte dans aucune étude concernant l’incidence des travaux sur les zones Natura 2000 luxembourgeoises!

Il semble donc très important qu’une collaboration transfrontalière des associations de protection de la nature et des administrations compétentes se mette en route. Tout comme les enjeux économiques, ceux de l’environnement ne devraient pas connaître de frontières.

 

 

 

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Le dernier Coâc... Couac ? (crassier de Russange)

Vendredi, 22 avril 2011 16 :45

 
Pélodytes ponctués, Crapauds calamites, Alytes accoucheurs et d'autres espèces d’amphibiens protégés au niveau communautaire, ont été les malheureuses victimes d'un remblaiement de mare réalisé en dépit de la réglementation et des engagements des acteurs locaux en faveur du développement durable.
Découvrez cette courte vidéo intitulée "Le dernier Coâc... Couac ?" enregistrée le 2 avril 2011, lors d'une sortie d'inventaire naturaliste, au niveau de la plus grande mare du crassier de Russange, deux jours avant son ensevelissement partiel. Les travaux situés sur la zone humide ont été interrompus le lundi 4 avril après l'intervention d'un membre de l'association Empreinte Positive.

Pour plus d'information, cliquez ici.

 

Pour visualiser la vidéo sur le site Dailymotion, cliquez ici

Mise à jour du 11 mai 2011 : un reportage de France 3 Lorraine, consacré aux impacts environnementaux des futurs aménagements
liés au projet de liaison routière Belval - Tiercelet, montre quelques images du crassier et rappelle les faits...

 

Pour visualiser la vidéo sur le site Dailymotion, cliquez ici

 

Note: Ne manquez pas l'article publié dans le journal official “Regulus” (tirage env. 14.000 exemplaires) de la Letzebuerger Natur- an Vulleschutzliga (LNVL) et disponible ici.
 


Crassier de Russange : funeste printemps pour la nature

Mardi, 5 avril 2011 22 :44

Destruction d’espèces animales protégées, enfouissement des zones humides où évoluent ces espèces… Voilà comment on conduit le chantier de remblaiement du crassier à Russange !

En dehors de toutes les prescriptions réglementaires d’usage en matière de protection de la nature, Pélodytes ponctués, Crapauds calamites, Alytes accoucheurs, et autres espèces d’amphibiens protégés au niveau communautaire, figurent parmi les victimes peu ordinaires d’acteurs locaux peu scrupuleux.

Réalisés en pleine période de reproduction des amphibiens, ces travaux de remblaiement, sur la zone humide remarquable du crassier de Russange (dont les services de l’État et les acteurs locaux connaissent la richesse patrimoniale*), correspondent à une perte brute en termes de biodiversité : des amphibiens ont été enterrés vivants et leur habitat a été détruit en quasi totalité. Par ailleurs, plusieurs Alouettes lulu qui avaient été observées sur le site la veille des travaux ont été dérangées en pleine période de nidification.

Cet aménagement n’a pas fait l’objet d’une délivrance de dérogation de destruction d’espèces protégées et aucune mesure de compensation d’impacts n’a été instaurée (par exemple : déplacement des populations d'amphibiens dans une autre mare à proximité, mais non impactée par les travaux de remblaiement).

Pour comprendre les conséquences de ces travaux sur la biodiversité locale, il faut savoir que la cohabitation des trois espèces de crapauds (Pélodytes ponctués, Crapauds calamites, Alytes accoucheurs) présentes dans ces mares de Russange n’existe pas dans un rayon de plus de 80 km. Ce site est donc non seulement exceptionnel d'un point de vue patrimonial, mais il représente un réservoir génétique dont l'existence constitue à lui seul une assurance pour la pérennité de ces espèces.

 

Nous nous inquiétons de la poursuite des travaux et du possible comblement d’une petite partie épargnée d’une mare, où se sont réfugiés de nombreux amphibiens que l’on peut entendre chanter malgré le ballet incessant des camions. Pour cette infraction caractérisée, l’association Empreinte Positive a saisi les services de police de la nature et de l'eau.

Cette triste histoire n'est pas la première du genre. Pour rappel, deux infractions similaires avaient déjà été dénoncées par Empreinte Positive il y a 1 an environ (forages destructifs et ensevelissement de mares). Sans l'intervention de l'association, les dégats occasionnés auraient été pires et les infractions se seraient certainement poursuivies au mépris de la loi et de la biodiversité locale.

Ces travaux outrageusement irrespectueux des lois et de la biodiversité sont inquiétants au regard des nombreuses promesses faites sur le territoire par les acteurs locaux en matière de développement durable. Au-delà des belles déclarations d'intention, on peut constater que les acteurs locaux n’ont pas intégré cette nouvelle nature d’obligations oubliant de porter sur le territoire une vision globale des impacts cumulés des futurs aménagements. Le label EcoCité semble correspondre davantage à de l’opportunisme pour des acteurs locaux dépassés par les enjeux liés aux nouveaux modèles urbains et à leur gestion associée de l’environnement.

Si cette récidive d'ensevelissement de mares dénoncée dans le présent article n'est pas unanimement condamnée par les acteurs locaux, quelle crédibilité peut-on leur accorder sur la gestion écologique et durable de notre territoire ?

 

* Les espèces et habitats protégés ont été recensés dans le cadre des inventaires complémentaires Faune-Flore relatifs à la liaison routière Belval/A30 qui ont été réalisés en 2010 pour permettre la mise en œuvre de mesures de suppression/réduction/compensation d’impacts de la future infrastructure sur le milieu naturel. Les services de l'Etat (DREAL) ont également organisé des réunions d'information à destination des élus locaux pour les sensibiliser à la grande richesse naturelle du secteur. 

 

 

 


 

10 espèces de chauves-souris répertoriées sur Micheville

Mardi, 29 Mars 2011 13:18

L’année 2011-2012 a été déclarée « Année internationale de la Chauve-souris » par le PNUE (Programme des Nations unies pour l’Environnement) afin de mettre en lumière les qualités de ce petit mammifère qui représente un maillon essentiel dans l’équilibre des écosystèmes.

Les chiroptères sont très utiles pour l'homme et la nature. Ces animaux permettent de stabiliser les populations de nombreux insectes considérés comme nuisibles pour les cultures humaines, de maintenir l’équilibre des forêts de la planète en participant à la pollinisation ou à la dissémination des graines.

Or, malgré les efforts de conservation, la plupart des espèces chauve-souris sont menacées et leurs populations, à l'échelle mondiale, ont diminué de façon alarmante. La perte d'habitat, la déforestation, les perturbations liées aux activités humaines proches des sites d'hibernation, l'urbanisation croissante, la pollution atmosphérique, sonore et lumineuse,  les parcs d’éoliennes,  autant d’éléments qui ont pu participer à la fragilisation de l’espèce. Avec un seul jeune par femelle et par an, les populations sont vulnérables. Les 35 espèces de chauves-souris présentes en France et leurs habitats sont intégralement protégés par l'arrêté ministériel du 23 avril 2007 relatif à la protection des mammifères selon l'article L.411-1 du Code de l'environnement. 19 espèces sont classées dans la liste rouge de la faune menacée de France et 13 espèces sont présentes sur la liste rouge mondiale.

 Plus localement, notamment sur Micheville, ancien site minier devenu un poumon vert, l'association Empreinte Positive a collaboré avec la CPEPESC Lorraine (Commission de protection des eaux, du patrimoine, de l’environnement, du sous-sol et des chiroptères) pour recenser les espèces de chauves-souris. Micheville et ses alentours offrent toutes les qualités requises pour accueillir des chiroptères : réseaux de souterrains ouverts sur la friche, prairies sèches, forêts, anciennes fondations d'usines, galeries techniques, galeries de mines souterraines et anciens murs tels que le mur d'Aubrives représentent des habitats et des lieux de chasse ou de reproduction appropriés pour les chauves-souris.

Une première prospection à la fin de l’été 2010 avait révélé pas moins de 7 espèces dont le Grand murin (Myotis myotis) puis une deuxième observation hivernale est venue ajouter 2 nouvelles espèces à cette liste dont le spectaculaire Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), le plus grand des rhinolophes européens. À cet inventaire une autre espèce non répertoriée précédemment a également été relevée sur ce site en 2010 lors des études complémentaires faune/flore réalisées dans le cadre du projet de liaison routière A30/Belval. Ces 10 espèces de chauves-souris bénéficient d'un statut de protection communautaire.

Les 2 sites Natura 2000 luxembourgeois qui entourent le secteur de Micheville hébergent elles aussi des chauves-souris : la zone Natura 2000 d’Esch-sur-Alzette sud-est « Anciennes mines/Ellergronn » comptabilise 7 espèces, et la zone Natura 2000 de Differdange-est « Prenzebierg/Anciennes mines et carrières » en inventorie 10.

Listes des espèces répertoriées sur Micheville :

Grand murin (Myotis myotis)

Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus)

Vespertilion de Natterer (Myotis nattereri)

Vespertilion de Daubenton (Myotis daubentonii)

Sérotine commune (Eptesicus serotinus)

Oreillard roux (Plecotus auritus)

Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus)

Grand rhinolophe  (Rhinolophus ferrumequinum)

Vespertilion à moustaches (Myotis mystacinus) ou Vespertilion de Brandt (Myotis brandti)

Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri)

 

 

Sortie sur le site de Micheville avec les élus de Villerupt

 Mardi, 06 Juillet 2010 13:47

C'est par une belle matinée en ce dimanche 4 juillet 2010 que des membres de l'association Empreinte Positive ont accompagné des élus municipaux de Villerupt sur le site de Micheville. La sortie qui a réuni une vingtaine de personnes a permis aux élus de découvrir une partie de la richesse écologique du site. Les participants ont notamment découvert la diversité biologique du plateau calcaire situé à proximité de l'aérodrome ainsi que la beauté des paysages près de la mare de la Houtte, en contrebas du front de taille de l'ancienne mine à ciel ouvert.

Robert Ciré, naturaliste et ornithologue, a donné de nombreuses explications sur les diverses espèces faunistiques et floristique rencontrées, mais également sur les caractéristiques géologiques du site. Notons que parmi les nombreuses fleurs présentes sur le parcours, diverses espèces d'orchidées ont pu être observées. Daniel Bracchetti a profité de cette belle journée pour réaliser de magnifiques photos de nature qui complèteront celles qui sont déjà disponibles sur Internet et que nous vous invitons à découvrir (http://www.flickr.com/photos/bracdan/). Chacun s'est réjoui de la beauté des paysages et reconnaît la nécessité d'une concertation étroite entre élus, associations et citoyens pour élaborer et discuter les futurs projets d'aménagement du site.

Notons que cette promenade a été possible grâce l'EPFL qui a accepté qu'Empreinte Positive invite les élus municipaux sur le site de Micheville. En dehors de toute autorisation préalable, il est rappelé que le site reste interdit au public. Lors de cette sortie, Monsieur Casoni, maire de Villerupt, a interpellé les deux passagers d'un quad pour leur rappeler que les motos et les quads sont totalement interdits sur le site. Monsieur Robert Ciré a précisé que, contrairement au VTT, les motos et les quads occasionnent de nombreux dégâts à la végétation et perturbent considérablement la faune locale.

Empreinte Positive souhaite que cette belle initiative, née de la volonté commune des élus de Villerupt et des membres de l'association, puisse être renouvelée avec d'autres élus des communes de la CCPHVA. L'appel est lancé !
 

Quand des bulldozers font la "fête de la Nature"

 Dimanche, 23 Mai 2010 11:17

Jeudi 20 mai, aux abords de l’aérodrome, le Conseil général de Moselle a fait exécuter des travaux de forage pour évaluer la qualité du sol. Le Conseil général souhaitait déterminer si cette zone était propice à la récupération de matériaux de remblai dont il pourrait disposer dans le cadre de la future liaison routière Belval/A30. Ainsi, sur cet espace de 20 hectares de nature, un gigantesque bulldozer a creusé 25 trous de 7 à 15 mètres de large. Malgré la possible autorisation du propriétaire qu'est l’EPFL, ces sondages, réalisés au milieu du printemps sur une zone de nidification d'espèces protégées d'oiseaux, ont paru suspects aux membres d’Empreinte Positive.

Remplissant son rôle d'alerte, l’association a fait appel immédiatement aux services de la DREAL pour s'assurer de la légalité des travaux. Les prélèvements de sol ont été interrompus en fin de journée puisque contraires à la réglementation régissant la préservation des espèces protégées et/ou d'habitats d'espèces protégées, notamment à cette période de l'année.

Malgré l’interruption rapide des travaux, Empreinte Positive déplore la dégradation du milieu et le dérangement et/ou la destruction de la faune présente sur la zone.

Pour exemple, trois orvets ont été retrouvés morts, déchiquetés par les chenilles du bulldozer ; l’engin est passé à moins d'un mètre d'un nid d'Alouettes Lulu, espèce rare et protégée, sensible aux dérangements puisqu’elle niche à même le sol et nous craignons que le couple ait quitté le nid, abritant plusieurs jeunes.
 
A noter que la richesse du milieu est connue par les services de l’État puisque des inventaires naturalistes sont effectués sur la zone, notamment dans le cadre de l'étude complémentaire d'impacts environnementaux Liaison routière Belval/A30. Empreinte Positive réalise en parallèle un recensement des espèces (oiseaux, amphibiens, reptiles, flore, mammifères) sur le site de Micheville et sur la plaine de Rédange-Russange : sur le plateau de l'aérodrome, la présence d'au moins six espèces rares et protégées d'oiseaux nicheurs et de deux espèces migrantes protégées a été observée et les informations collectées par Empreinte Positive sont transmises régulièrement au prestataire de service du Conseil Général, choisi pour cette étude.
 
Dans le cadre des projets d’aménagements dont le territoire fait l’objet (OIN, EcoCité), nous espérons que ces déconvenues servent d’alerte pour une meilleure prise en compte des exigences environnementales, par les acteurs locaux engagés dans une démarche d’exemplarité en termes de développement durable.

 

Note : un article du Républicain Lorrain sur ce sujet et intitulé "Chantier stoppé : l'alouette lulu y laisse des plumes" a été publié le 29 mai 2010 en page Région. vous pouvez consulter librement cet article en cliquant ici.
 

 

 

 


En 2010, célébrons la Biodiversité !

Dimanche, 10 janvier 2010

 

En proclamant 2010, 
Année internationale de la diversité biologique,
l’Organisation des Nations Unies
signe la célébration de la richesse biologique
de la vie sur Terre.

Fruit d’un processus d’évolution de milliards d’années, la biodiversité représente, à l’échelle mondiale, la variété des organismes vivants et de leurs écosystèmes. L’espèce humaine fait partie intégrante de la grande chaîne de la vie, constituée d’interdépendances complexes, et l’érosion de la biodiversité est une menace bien établie pour l’humanité.

Au-delà du risque d’extinction d’animaux emblématiques tels le panda, le tigre ou la baleine, la détérioration et la fragmentation des milieux abritant une forte concentration d’espèces végétales, animales et microbiologiques (forêt primaire, récifs coralliens, mangroves, zones humides), accélérées par les activités humaines toujours croissantes, constituent une situation alarmante. Certains modes d’occupation des sols et d’exploitation des ressources bouleversent les équilibres.

 

Déforestation par brûlis, pour mise en culture

Blanchiment des récifs coralliens

Zones humides : milieux de vie remarquable

Aujourd'hui, on estime que les espèces disparaissent à un rythme 100 à 1 000 fois supérieur au rythme d’extinction naturelle. Nombre d’espèces s’éteignent avant même d’avoir été étudiées. Ainsi, nous ne connaîtrions que 1,7 million d’espèces sur les 10 à 100 millions qui vivraient sur terre. Le Docteur Gro Harlem Brundtland, ex-ministre d'Etat en Norvège et présidente de l'OMS de 1998 à 2003 disait très justement : « La bibliothèque de la vie brûle et nous ne connaissons même pas les titres des livres ». Il faut comprendre que l'homme n'est pas le seul à avoir évolué depuis son origine et que tous les organismes vivants, plantes et microorganismes compris, ont réussi à s'adapter à des milieux parfois hostiles en recourant à des trésors d'ingéniosité. Chaque organisme synthétise des molécules complexes qui défient l’imagination des meilleurs biologistes.

Outre les vertus pharmacologiques des ressources biologiques (on estime que seulement 2 % des 300 000 espèces de plantes supérieures connues ont été analysées pour leurs propriétés pharmacologiques potentielles), les écosystèmes produisent l’alimentation, fournissent l'oxygène vital, contribuent à l’épuration de l’eau, stabilisent et modèrent le climat... Il s'agit des services écosystémiques.

La Convention sur la diversité biologique, traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 après d’âpres négociations, et l’engagement fort lors du Sommet de Johannesburg en 2002 n’ont pas permis la réduction de la perte de la biodiversité et son « utilisation » durable. Selon les rapports dÉvaluation des écosystèmes pour le millénaire, instance instaurée en 2000 par les Nations Unies, il a été établi que « l’activité humaine réduit le capital naturel de la Terre, exerçant des pressions si fortes sur l’environnement que nous ne pouvons plus présupposer de la capacité des écosystèmes de la planète à soutenir les générations futures ».

 

Sur fond d’un consensus scientifique et d’une prise de conscience planétaire, alerter sur les enjeux de la biodiversité est un des objectifs de l’Année internationale de la diversité biologique. Mais, passer des paroles aux actes, c’est-à-dire favoriser les prises de décisions concrètes aux niveaux local et international pour préserver la biodiversité et la reconquérir est une mission majeure au delà d’une simple célébration.

 

Humanité et biodiversité
Manifeste pour une nouvelle alliance

L’astrophysicien Hubert Reeves, président de la Ligue ROC estimant que c’est à court terme que la crise de la biodiversité menace l’Humanité, a lancé un appel à la mobilisation avec l’ouvrage collectif Humanité et Biodiversité, Manifeste pour une nouvelle alliance. Le manifeste propose une stratégie du changement basée en premier lieu sur l’action des pouvoirs publics intégrant un « réflexe biodiversité » à leur politique, à l’instar de l’outil d’aménagement Trame Verte Trame bleue adopté en France lors du Grenelle de l’Environnement, qui permettra dans les prochains mois de créer des corridors écologiques entre différentes zones d’intérêt biologique.

Au cœur de la Communauté de Communes du Pays Haut Val d’Alzette, nous pouvons nous attacher à la conservation et à la valorisation des richesses naturelles quasiment méconnues de notre territoire. Depuis 1992, la friche industrielle de Micheville est inscrite en partie (80 hectares sur les 350 hectares du site) dans l’inventaire Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) sous le nom Friche de l’ancienne mine de fer à ciel ouvert. Ce milieu jeune, issu d’une recolonisation naturelle, constitue un habitat à haute valeur biologique.


L’inventaire fait état d’une grande diversité d’espèces végétales et animales dont certaines sont remarquables et protégées. A titre d’exemple, quelques populations d’oiseaux nichant sur le site, sont classées en annexe I de la Directive Européenne 79/409/CEE dite Directive des Oiseaux et pourraient bénéficier de mesures de protection de leur habitat telles les Zones de Protection Spéciale (ZPS). La ZNIEFF présente aussi un intérêt botanique : au printemps, les orchidées fleurissent en abondance dont certaines espèces telle l’Ophrys Abeille, sont protégées au niveau du département meurthe-et-mosellan. Le site de Micheville bénéficie également d’une zone humide, la mare de la Houtte, lieu de vie de reptiles et amphibiens protégés par la Directive Européenne 92/43/CEE Habitats Faune Flore.


Dans la perspective de l’EcoCité Alzette-Belval et de la coopération transfrontalière, il faut espérer que ce patrimoine naturel fragile sera préservé, revalorisé et mis en réseau avec des espaces naturels aux caractéristiques biologiques analogues, depuis longtemps protégés au Luxembourg.

 

Mare de la Houtte, Micheville

Crapaud Calamite

Ophys Abeille

La pollinisation, service écologique
rendu par la biodiversité

A l’échelle de nos actions individuelles, nous pouvons aussi modérer les tendances de perte de la biodiversité. Dans nos jardins, cohabitons avec la diversité faunistique en offrant le gîte et le couvert ! Installons des nichoirs pour les oiseaux, des nids pour les abeilles solitaires, des abris pour les hérissons... Multiplions les sources d’alimentation des insectes pollinisateurs, en plantant des haies productrices de pollen et de nectar, en semant une flore sauvage d’intérêt apicole, en gardant un coin de prairie dans notre jardin, en évitant les pesticides et fongicides dans la culture de nos champs ou de notre potager...


"Personne ne peut dire comment sera cette planète dans 30 ans mais ça pourrait être vraiment lamentable. Tout dépend des décisions qui pourront être prises maintenant", nous dit Hubert Reeves. Alors, réagissons en changeant vite notre rapport au monde en érigeant le principe du respect de la vie au dessus de toute autre chose !

 

 

Pour en savoir plus :

  • Site officiel des Nations Unies pour l’Année internationale de la diversité biologique http://www.cbd.int/2010/welcome/ 
    Les Nations Unies mettent à disposition des ressources pour l'Année internationale de la diversité biologique et un agenda international des célébrations.

  • Convention sur la diversité biologique www.cbd.int
    Signée par 150 responsables de gouvernement au sommet de la Terre de Rio en 1992, la Convention sur la diversité biologique est dédiée à promouvoir le développement durable.

  • Portail français de l'Année internationale de la diversité biologique www.biodiversite2010.fr
    Site édité par Ministère de l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer

  • Biodiversité 2012 www.biodiversite2012.org
  • Le site biodiversité 2012 est initié par la Ligue ROC et son Président Hubert Reeves. Il a pris le relais de « biodiversité 2007 » ouvert en perspective des élections présidentielles de 2007.

  • La Ligue ROC www.roc.asso.fr
    La Ligue ROC inscrit sa démarche dans le cadre global de la préservation de la biodiversité dont l’humanité fait partie et dépend. Elle donne à ses actions une dimension éthique de respect du vivant.

  • Evaluation des Ecosystèmes pour le millenaire www.millenniumassessment.org
    L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire est née en 2000 à la demande du Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Elle a pour objectif d’évaluer les conséquences des changements écosystémiques sur le bien-être humain ; elle doit également établir la base scientifique pour mettre en œuvre les actions nécessaires à l’amélioration de la conservation et de l’utilisation durable de ces systèmes, ainsi que de leur contribution au bien-être humain.

  • Comité français de l’UICN www.uicn.fr
    Comité français du réseau des organismes et des experts de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France


Visitez aussi l'exposition :



 

 

 


Aménagements au Grand Canyon

 Mercredi, 24 Juin 2009 15:30

Afin d'empêcher l'accès illégal aux quads et motos qui détériorent la faune et la flore, des aménagements au Grand Canyon (site de Micheville) sont réalisés depuis le 15 juin 2009 par l'Etablissement Public Foncier Lorrain (EPFL), propriétaire du site. Des panneaux signalant les dangers ont été mis en place.

L'EPFL rappelle que l'accès au site est totalement interdit à tout véhicule motorisé.

Voir un article de France Nature Environnement : 83% des francais considèrent que les loisirs motorisés doivent être pratiqués dans le respect de l'environnement