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Du béton avant tout, accompagné de beaux discours…

Mercredi, 12 octobre 2011

Nos élus mèneraient-ils une politique locale d’aménagement constituant une façade en trompe-l’œil en matière de développement durable et de respect de la biodiversité ?

Empreinte Positive s’étonne des déclarations* de monsieur le maire de Russange récemment relatées dans le Républicain Lorrain concernant la nouvelle centrale à béton installée à Russange (article du 6 octobre 2011 : « Holcim inaugure sa centrale à béton »). D’après le premier élu de Russange, le géant du béton, Holcim, aurait pris de remarquables dispositions pour préserver les enjeux en termes de biodiversité sur Micheville-bas classé Zone naturelle d’intérêts écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) depuis janvier 2011. Cet espace aux nombreuses zones humides est particulièrement riche en espèces protégées ou d'intérêt patrimonial.

Une mesure emblématique pour l’élu russangeois concernerait les amphibiens : la construction d’un muret autour du bassin de décantation et d’une rampe en cas de saut malvenu les protégerait de la noyade. Pourtant, cette mesure, défendue par les associations environnementales lors du passage du dossier au CODERST (Conseil de l'Environnement et des Risques sanitaires et technologiques), n’a jamais été mise en œuvre et n’a pas été inscrite dans l’arrêté préfectoral n°2011-DLP/BUPE205 du 6 juin 2011 détaillant les prescriptions spéciales pour le porteur de projet en matière de préservation du milieu naturel : Holcim avait semble-t-il plaidé auprès de la DREAL en début d’année qu’il était trop tard pour revoir ses plans d’aménagement et, au vu des enjeux écologiques de cet espace de reconquête de la nature, nous qualifions de « simples mesurettes » les prescriptions retenues dans l’arrêté préfectoral.

Bords du bassin de décantation bien abruptes, pas de muret, pas de rampe pour éviter la noyade des amphibiens...
A moins que les amphibiens ne sachent grimper à l'échelle ?

Quant à la quinzaine d’emplois générés par l’activité, il s’agirait, d'après nos informations, d’emplois délocalisés de Thionville… Pas de création d'emplois à la clé... Donc, en plus des risques qui pèsent sur les espèces protégées, largement négligés dans ce projet (collision, écrasement, pollution, noyade, dérangement...), combien de camions alourdiront le trafic déjà saturé d'Audun-le-Tiche pour alimenter la centrale en matière première et livrer les 40 000 m3 de béton prévus d'être produits chaque année sur ce site ?

Monsieur le maire de Russange connaîtrait-il si mal le dossier de la centrale à béton Holcim dont l'installation a été faite hâtivement, sans véritable concertation ? Ou utiliserait-il abusivement des arguments d’ordre écologique et économique pour rassurer les citoyens et promouvoir une politique locale d’aménagement fondée sur des principes opportunistes et peu durables ? Peut-on craindre un vent d’écoblanchiment à l’échelle du territoire ?

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* Citation pour information de l'article du Républicain Lorrain du 6 octobre 2011 "Holcim inaugure sa centrale à béton" : "Selon Gilbert Kaiser, qui s’est encore rendu sur place hier et a fait nettoyer le site de déchets en tous genres tenant dans pas moins de « onze bennes », cette nouvelle installation, génératrice « d’une quinzaine d’emplois », ne causera pas non plus de nuisance alentour. « Le bâtiment a été caréné pour éviter le bruit. Il n’y aura pas de poussière si ce n’est celle des camions. Un muret a été édifié autour du bassin pour éviter que des batraciens tombent dedans, je crois même qu’il existe une rampe au cas où ! Et l’extinction des lumières est prévue chaque soir à l’arrêt de l’activité pour ne pas gêner les chauves-souris », détaille le maire de Russange."