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La prise en main par l'Etat du projet Alzette-Belval2015 est-elle une bonne nouvelle?
 
Actualité Empreinte Positive


Questions d'avenir du territoire

Vendredi, 20 mai 2011

L’association Empreinte Positive souhaite réagir aux différents articles parus dans Le Républicain Lorrain au mois de mai 2011 sur le commencement des travaux du « contournement » d’Audun-le-Tiche et l’annonce de la création d’un comité de concertation « biodiversité » dans le cadre de l’Opération d’intérêt national Alzette-Belval.

Pour cadrer le débat, les membres d’Empreinte Positive tiennent à éclairer les lecteurs sur le positionnement de l’association vis-à-vis du projet routier : nous sommes persuadés que les acteurs locaux se doivent d’apporter des solutions efficaces au problème épineux de saturation du trafic routier, car cette situation détériore grandement la qualité de vie des habitants du val d’Alzette et des frontaliers transitant chaque jour par cet axe. Cependant, alors que les revendications en termes de gestion des déplacements urbains sont légitimes, nous déplorons que le projet de « contournement » ne puisse répondre aux attentes de la population : le tracé de cette nouvelle infrastructure qui sera conçue comme une voie autoroutière engendrant une coupure lourde au cœur de l’agglomération, ne réglera pas les problèmes transfrontaliers de mobilité, ne sera pas compatible avec les aménagements urbains futurs et sera néfaste du point de vue de l’environnement. Une analyse semble-t-il partagée par des professionnels d'expérience (cf. article du RL du 13/05/2011 "Quand les étudiants pensent Eco-cité"). Il serait préjudiciable pour l’ensemble de la population que les élus et les conseils généraux (maîtres d’ouvrage du projet) s'entêtent à vouloir réaliser la voie de « contournement » selon les insuffisances actuelles du projet (tracé et spécifications techniques), alors que dans le cadre de l’Opération d’intérêt national (OIN), il leur serait possible de revoir leur copie afin de trouver une solution adéquate, pérenne au regard des problématiques locales.

Les élus locaux se félicitent hâtivement que « le contournement est en route et [que] personne ne l'empêchera » (propos de Monsieur Piovano relatés dans l'article du RL daté du 07/05/2011 intitulé "La route en bonne voie"). Pourquoi taisent-ils à la population que des demandes de dérogations, au titre du Code de l’environnement, concernant la destruction d'espèces protégées doivent impérativement être instruites par les conseils généraux auprès du Conseil national de protection de la Nature (CNPN) ? L'issue de ces demandes conditionne strictement le début des travaux de cette infrastructure lourde. Le dossier n'a pas encore été déposé par les conseils généraux, et les dérogations de destruction (pour plus de 70 espèces végétales et animales protégées dont une vingtaine protégées au niveau européen) sont loin d’être délivrées. Gageons que les acteurs locaux respectent néanmoins les procédures, car dans le cas contraire, comment pourrions-nous croire au discours rassurant des élus en faveur de la protection de la nature alors que cette première étape indispensable à la mise en œuvre des mesures de compensation d'impacts sur le milieu naturel serait totalement bafouée, au mépris des lois en vigueur ? Rappelons que les malheureux événements de destruction de zones humides abritant des espèces d’amphibiens protégés lors des travaux de remblaiement du crassier de Russange (début avril 2011), sans demande préalable de dérogation, mettent quelques acteurs locaux dans une situation particulièrement délicate.

Nous pensons que préserver le patrimoine naturel et culturel au niveau local permet d'assurer un cadre de vie sain et équilibré pour la population et de renforcer l’attractivité du territoire. Les collectivités locales doivent se mobiliser davantage en intégrant les enjeux de la biodiversité au cœur de leurs politiques, en ayant à l’esprit que ces enjeux dépassent le cadre local et doivent traduire les défis environnementaux à relever à l’échelle mondiale. Ainsi, la création annoncée dans la presse (RL du 07/05/11 - "Un contournement au long cours") d’un comité de suivi « biodiversité » dans le cadre de l’OIN est accueillie par les représentants d’Empreinte Positive comme une bonne nouvelle. Il nous paraît indispensable que ce comité soit démocratique, c’est-à-dire ouvert à toute association de protection de la nature souhaitant y participer (le comité ne doit pas être constitué uniquement d’entités désignées arbitrairement par les élus).

Pour l’heure, nous ne pouvons qu’avoir une analyse circonspecte de l’efficacité de ce comité car d’emblée, l’impact sur la nature du projet routier est totalement dissocié des impacts des futurs d’aménagements. Le comité de suivi « biodiversité » devra pouvoir débattre à l’échelle globale, à la lumière d’un diagnostic environnemental pertinent et fin de tout le périmètre de l’OIN. Les données naturalistes de la ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique) étendue récemment à l’ensemble de Micheville et aux hauteurs de Rédange (pour une surface totale de 574 hectares) et des autres ZNIEFF du territoire devront être amplement approfondies. Il est indispensable que les acteurs locaux se soumettent aux durées qui seront nécessaires à la réalisation des études de terrain et aux mises sous protection de certains espaces naturels fragiles qui les accompagneront inévitablement.

Enfin un dernier point nous paraît essentiel : face au projet de grande ampleur Alzette-Belval, comment ne pas solliciter, voire revendiquer, qu’une procédure d’information du public, étendue aux territoires adjacents, soit menée en prenant la forme d’un véritable débat public démocratique pour permettre à chaque citoyen de saisir les objectifs et le déroulement du projet d’OIN qui va, pour sûr, bouleverser notre territoire ?