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Actualité Empreinte Positive


Crassier de Russange : funeste printemps pour la nature

Mardi, 5 avril 2011 22 :44

Destruction d’espèces animales protégées, enfouissement des zones humides où évoluent ces espèces… Voilà comment on conduit le chantier de remblaiement du crassier à Russange !

En dehors de toutes les prescriptions réglementaires d’usage en matière de protection de la nature, Pélodytes ponctués, Crapauds calamites, Alytes accoucheurs, et autres espèces d’amphibiens protégés au niveau communautaire, figurent parmi les victimes peu ordinaires d’acteurs locaux peu scrupuleux.

Réalisés en pleine période de reproduction des amphibiens, ces travaux de remblaiement, sur la zone humide remarquable du crassier de Russange (dont les services de l’État et les acteurs locaux connaissent la richesse patrimoniale*), correspondent à une perte brute en termes de biodiversité : des amphibiens ont été enterrés vivants et leur habitat a été détruit en quasi totalité. Par ailleurs, plusieurs Alouettes lulu qui avaient été observées sur le site la veille des travaux ont été dérangées en pleine période de nidification.

Cet aménagement n’a pas fait l’objet d’une délivrance de dérogation de destruction d’espèces protégées et aucune mesure de compensation d’impacts n’a été instaurée (par exemple : déplacement des populations d'amphibiens dans une autre mare à proximité, mais non impactée par les travaux de remblaiement).

Pour comprendre les conséquences de ces travaux sur la biodiversité locale, il faut savoir que la cohabitation des trois espèces de crapauds (Pélodytes ponctués, Crapauds calamites, Alytes accoucheurs) présentes dans ces mares de Russange n’existe pas dans un rayon de plus de 80 km. Ce site est donc non seulement exceptionnel d'un point de vue patrimonial, mais il représente un réservoir génétique dont l'existence constitue à lui seul une assurance pour la pérennité de ces espèces.

 

Nous nous inquiétons de la poursuite des travaux et du possible comblement d’une petite partie épargnée d’une mare, où se sont réfugiés de nombreux amphibiens que l’on peut entendre chanter malgré le ballet incessant des camions. Pour cette infraction caractérisée, l’association Empreinte Positive a saisi les services de police de la nature et de l'eau.

Cette triste histoire n'est pas la première du genre. Pour rappel, deux infractions similaires avaient déjà été dénoncées par Empreinte Positive il y a 1 an environ (forages destructifs et ensevelissement de mares). Sans l'intervention de l'association, les dégats occasionnés auraient été pires et les infractions se seraient certainement poursuivies au mépris de la loi et de la biodiversité locale.

Ces travaux outrageusement irrespectueux des lois et de la biodiversité sont inquiétants au regard des nombreuses promesses faites sur le territoire par les acteurs locaux en matière de développement durable. Au-delà des belles déclarations d'intention, on peut constater que les acteurs locaux n’ont pas intégré cette nouvelle nature d’obligations oubliant de porter sur le territoire une vision globale des impacts cumulés des futurs aménagements. Le label EcoCité semble correspondre davantage à de l’opportunisme pour des acteurs locaux dépassés par les enjeux liés aux nouveaux modèles urbains et à leur gestion associée de l’environnement.

Si cette récidive d'ensevelissement de mares dénoncée dans le présent article n'est pas unanimement condamnée par les acteurs locaux, quelle crédibilité peut-on leur accorder sur la gestion écologique et durable de notre territoire ?

 

* Les espèces et habitats protégés ont été recensés dans le cadre des inventaires complémentaires Faune-Flore relatifs à la liaison routière Belval/A30 qui ont été réalisés en 2010 pour permettre la mise en œuvre de mesures de suppression/réduction/compensation d’impacts de la future infrastructure sur le milieu naturel. Les services de l'Etat (DREAL) ont également organisé des réunions d'information à destination des élus locaux pour les sensibiliser à la grande richesse naturelle du secteur.