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Des inquiétudes en béton...

Jeudi, 17 Mars 2011 13:53

S’il est un chantier qui suscite bien des interrogations, c’est celui de la centrale à béton Holcim Bétons SAS qui a débuté mercredi 9 mars 2011. Première pierre d’un aménagement de Micheville-bas particulièrement convoité par les élus locaux dans le cadre de l’ÉcoCité, cette imposante exploitation industrielle sera située à moins de 150 mètres d’une cité minière russangeoise, au coeur d’un espace abandonné, caractérisé par une biodiversité exceptionnelle.

Les incertitudes relatives à l’impact de l’installation sur la qualité de vie des populations riveraines sont multiples : L’exploitation sera-t-elle génératrice de bruit et de poussières ? À la fin du printemps, lorsque la centrale sera en activité, pourra-t-on encore ouvrir les fenêtres ? Cette exploitation va-t-elle défigurer le paysage depuis les jardins de la cité ouvrière ? Doit-on craindre la cadence infernale d’un ballet de poids lourds dans l’agglomération pour approvisionner le site en matériaux ? Malgré les prescriptions réglementaires relatives à cette Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), l’éventualité que les riverains puissent durement ressentir des nuisances n’est pas exclue. L’association Empreinte Positive se tient à la disposition de la population afin de centraliser les éventuelles réclamations relatives à la conformité, qu’elle se propose le cas échéant de formuler aux services d’inspection concernés.

 

Plus inquiétant, l’impact sur le plan sanitaire du chantier de construction est une question centrale : située sur le terrain de l’ancien moulin à scorie de Micheville, la mise en place de l’exploitation nécessite l’excavation de terres polluées par des métaux lourds dont le plomb. Ces terres resteront sur place puisque l’exploitant a choisi de ne pas les retraiter, mais elles sont actuellement retournées et déplacées sur la zone de chantier dans le cadre des travaux d'installation. Des mesures sanitaires adaptées sont-elles prises pour prémunir les ouvriers du chantier et les riverains des éventuelles émanations de composés toxiques préjudiciables à la santé ?

 

Alors que les politiques locaux se félicitent de mener une politique d’aménagement durable du territoire dans le cadre de l’éco-agglomération transfrontalière, on peut s’interroger sur la totale absence d’évaluation environnementale des travaux de cette exploitation sur la ressource naturelle du secteur. En janvier 2010, Empreinte Positive avait saisi l’autorité préfectorale sur les possibles conséquences néfastes de l'installation de la centrale à béton sur la richesse écologique de Micheville afin que la société puisse mettre en oeuvre d’éventuelles mesures de compensation. Alors que notre demande était en cours d’instruction auprès des services de la DREAL Lorraine, le 9 mars 2011, la société Holcim Bétons SAS, pourtant informée de la requête, a entrepris hâtivement les travaux de défrichement sur les 60 ares de l’exploitation, localisés sur une espace naturel de 500 hectares concerné par un projet de classement ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Ce projet de ZNIEFF, attestant de la richesse naturelle exceptionnelle de la friche industrielle et des mines à ciel ouvert de Micheville et de Rédange, frontalières avec la réserve naturelle de Differdange-Est classée Natura 2000, est actuellement en cours de validation finale auprès du Mueséum d’Histoire naturelle à Paris. Saisis par Empreinte Positive, les services de la DREAL Lorraine s’attachent à prescrire à Holcim Bétons SAS des mesures complémentaires de réduction de l’impact environnemental. S’il est trop tard pour compenser la perte d’habitat naturel due au défrichement, le géant du béton devra néanmoins se prémunir de toute entrave à la circulation des espèces sauvages tout en garantissant que le bassin de décantation ne devienne pas un piège à amphibiens. Une attention particulière devra être portée sur l’impact des travaux et des futures activités du site sur les chiroptères (10 espèces protégées de chauves-souris, dont le Grand rhinolophe ont été recensées sur Micheville) : en effet, sur le terrain de la future centrale à béton, un mur datant de l’exploitation minière a été mis au jour par les travaux de défrichement et correspond à un gîte tout à fait favorable pour les chauves-souris.

 

On comprend bien que le projet d’implantation de la centrale à béton Holcim corresponde à la vive volonté des politiques locaux d’avoir sur place la matière première nécessaire aux constructions et à l’édification d’une nouvelle zone urbaine. Cependant, les espoirs portés sur le développement économique du secteur frontalier ne doivent pas se convertir en une urbanisation précipitée. Les principes d’aménagement durable doivent assurer une répartition cohérente des futures activités et des constructions sous peine de nuire à la qualité de vie des riverains qui aspirent à un cadre de vie exempt de nuisances et de fragmenter les espaces naturels remarquables en portant atteinte à la biodiversité et au paysage.


Photo : défrichage du terrain d’Holcim Bétons SAS (11/03/2011)

 

 

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