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La prise en main par l'Etat du projet Alzette-Belval2015 est-elle une bonne nouvelle?
 
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Le milieu des années 1980 marque l’arrêt des activités humaines sur le site de Micheville, espace de 350 hectares dominé par crassiers, hauts-fourneaux, laminoirs et mines. Le passé sidérurgique a cédé la place à une friche industrielle sur laquelle s’est opérée, au gré des 25 dernières années, une formidable recolonisation naturelle. Caractérisé par une mosaïque d’habitats (fronts de taille, pelouses calcaire, zones humides), ce site présente des éléments patrimoniaux, paysagers et naturels remarquables. Pourtant, Micheville, qui s’étend en limite des départements de Moselle et de Meurthe-et-Moselle au sein de la communauté des communes du Pays Haut Val d’Alzette (CCPHVA) à la frontière avec le Grand-Duché de Luxembourg, se trouve au centre d’enjeux considérables. Les projets de développements routiers et urbains menacent l’intégrité de cette nature fragile.

 

MICHEVILLE, AU COEUR D’UN RÉSEAU ÉCOLOGIQUE FRONTALIER 

Les réserves naturelles luxembourgeoises de Prënzebierg et d’Ellergronn intégrées au réseau Natura 2000 européen, partagent avec Micheville un passé industriel commun, et lui sont contiguës. De part et d'autre de la frontière, ces habitats comparables abritent une grande richesse d’espèces végétales et animales. Une continuité écologique relie Micheville aux sites luxembourgeois et s’étend également sur la plaine humide de la Beler. Au regard des connaissances naturalistes acquises, nous pouvons considérer que ce corridor biologique frontalier assure la pérennité d’un grand nombre d’espèces rares, bénéficiant souvent d’un statut de protection communautaire. Ce réseau écologique comporte divers habitats à intérêt biologique majeur.

 



 

Merveilleuses orchidées

Micheville regorge de pelouses calcaires sèches, étendues d’herbes rases parsemées de bosquets, accueillant une flore et une faune spécifiques. Au printemps et en été, sur cet habitat d'intérêt communautaire (code Natura 6210), les orchidées sauvages fleurissent en abondance et certaines espèces tel l’Ophrys Abeille, sont protégées au niveau du département meurthe-et-mosellan. Une grande diversité d’insectes et de papillons comme le Damier de la Succise, espèce d'intérêt communautaire figurant sur l'annexe II de la Directive Européenne Habitats-Faune-Flore n°97/62/CEE, ont élu domicile sur les pelouses sèches de Micheville. On peut également observer l’Alouette lulu et la Pie-grièche écorcheur, oiseaux fragiles et rares privilégiant les milieux ouverts.

Des trésors de biodiversité...

Les fronts de taille de l’ancienne mine de fer à ciel ouvert de Micheville ont un intérêt paysager avéré et les passages souterrains abritent au moins 7 espèces de chauves-souris dont le Grand Murin. Sur le site et ses environs, nichent de rares rapaces inscrits en annexe I de la Directive Européenne n°79/409/CEE dite Directive des Oiseaux. La conservation de ces espèces nécessite le maintien d’une zone de quiétude et d’un milieu ouvert en guise de terrain de chasse. L’intégralité des habitats du site sont appréciés par les reptiles : d’importantes populations de Lézard des murailles, Lézard des souches, Couleuvre à collier, Orvet fragile, Coronelle lisse ont été observées. Le formidable réseau des milieux humides, présents sur les réserves luxembourgeoises, le site de Micheville et la plaine de la Beler, permet le brassage des populations d’amphibiens. L’inventaire naturaliste récent montre la présence d’espèces d’intérêt communautaire : par exemple, les crapauds Pélodyte ponctué, Calamite, Alyte accoucheur, la Grenouille rousse, les Tritons ponctué et palmé se côtoient sur le site de Micheville. La petite fougère Ophioglosse vulgaire, protégée en Lorraine, a été recensée sur différentes stations humides.

LIAISON ROUTIÈRE BELVAL/A30 :

UNE MENACE POUR LE CORRIDOR BIOLOGIQUE LA BIODIVERSITÉ EN DANGER

Le maintien du réseau écologique se justifie pleinement pour la conservation de la biodiversité de part et d’autre de la frontière. Pourtant, le corridor biologique risque d’être mis en péril par le projet de liaison routière Belval/A30. L’urbanisation et la fragmentation des milieux détruisent les continuités écologiques et entraînent irrémédiablement l'érosion de la biodiversité en diminuant les capacités de dispersion et d’échanges entre espèces animales et végétales. Le tracé de l’infrastructure, présenté par les élus locaux comme l’épine dorsale du développement économique, morcelle le site de Michevillede part en part. En 2005, lors de l’enquête publique, l’étude d’impact environnemental basée principalement sur des données bibliographiques ne faisait état que d’une infime partie des espèces observées et recensées depuis par plusieurs associations naturalistes. De plus, cette même étude ne fit aucun cas du réseau écologique frontalier existant. Les quelques mesures qui viseraient à compenser l’effet de barrière de l’infrastructure routière risquent fort de ne pas être suffisantes pour maintenir la survie de nombreuses espèces fragiles. Le transit de 25 000 véhicules par jour dans l’agglomération d’Audunle-Tiche constitue indéniablement un problème de mobilité pour les usagers mais les aménagements à prévoir ne peuvent s’affranchir des observations naturalistes récentes qui attestent de la richesse exceptionnelle du site de Micheville et de son rôle vis-à-vis de la cohérence écologique transfrontalière. Dans ce contexte, une étude d’impact incluant ces éléments et étudiant des alternatives au projet actuel devrait faire l’objet d’une nouvelle enquête publique.

 

 

LA BIODIVERSITÉ EN DANGER selon Hubert Reeves

Hubert Reeves, Président de la Ligue ROC déclarait : « Nous sommes une espèce parmi des millions d'autres ; dans cette addition : l’espèce qui a développé le cerveau le plus riche en neurones. Ce n’est pas forcément une situation définitive. Tout va dépendre en grande partie de nous, du sort que nous réservons aux autres espèces, et au bout du compte à la nôtre. Depuis un siècle les soustractions amputent dramatiquement cette richesse, la faisant décroître vite. Nous éliminons plus de mille fois plus d’espèces qu’avant l’époque industrielle. Cette extinction massive, la sixième dans l’histoire de la terre, l’humanité en est la cause. Elle pourrait en être la victime. »

 

 

LA MOBILITÉ EN QUESTION

Une route à contre-sens !

La liaison routière Belval/A30 empiète sur un tronçon de l’ancienne voie ferrée Fontoy/Audun-le-Tiche. La création de la route nécessite la destruction de la liaison ferroviaire. Pourtant, si la voie ferrée était remise en service, elle pourrait régler une partie des problèmes de mobilité en permettant de connecter Audun-le-Tiche au réseau TER de Lorraine en direction de Thionville, Metz, Nancy. De plus, en favorisant la route par rapport à la voie ferrée, la liaison Belval/A30 est totalement à contre-courant des réflexions modernes issues du développement durable. Où est l'articulation avec le Plan Climat lorrain en cours d'élaboration ? Comment pourrons-nous réduire nos émissions de gaz à effet de serre en cautionnant de tels aménagements ? Ce projet est d’un autre âge et doit être abandonné au profit d’alternatives à étudier afin que l’amélioration de la mobilité transfrontalière, dense dans cette région de la Lorraine, se fasse dans le respect des contraintes environnementales incontournables.

Vous avez dit « contournement » ? 

Les frontaliers attendent que la collectivité résolve en priorité leur problème de mobilité. Cependant, le projet d’infrastructure de la liaison routière, qui prévoit de relier Belval à Tiercelet, ne constitue pas une alternative à la D16 : le tracé sinueux, plus long que la route actuelle, ne débouche pas sur l’A30. Ainsi, la liaison ne pourrait pas désengorger le centre-ville d’Audun-le-Tiche puisque l’essentiel des automobilistes constituant le gros flux routier venant d'Aumetz, de l’A30 et de Fontoy, continueront à traverser la ville pour rejoindre la future route. Qualifier la liaison routière de contournement serait un abus de langage puisqu’en réalité, son tracé a été pensé par les acteurs locaux en tant qu’avenue urbaine, vouée à l’aménagement (habitat, commerce, développement économique) de la future ville nouvelle.


Vers une augmentation du trafic routier

Alors que tous les axes transfrontaliers voisins sont saturés, il n’est pas possible qu’un tel axe puisse rester fluide. Au vu de l’ampleur de la circulation au Grand-Duché, cette infrastructure capterait spontanément l’important trafic des axes voisins. En reliant Audun-le-Tiche à un grand carrefour luxembourgeois, tout en évitant la traversée d’Esch-sur-Alzette, cette route amènerait donc du transit supplémentaire dans le tissu urbain. Un problème va se poser pour les plus gros poids lourds, qui actuellement n’ont pas la possibilité de passer dans l’agglomération d’Audun-le-Tiche à cause du pont-rail au niveau de la frontière, qui impose une contrainte de hauteur. La nouvelle infrastructure supprimerait cette contrainte, et permettrait aux grands camions en transit venus de Belgique de rejoindre la France via le Luxembourg, tout en évitant Zoufftgen. De quoi séduire nombreux routiers arrivant par la Belgique. 

 

 

BON À SAVOIR...

La liaison routière Belval/A30 empiète sur un tronçon de l’ancienne voie ferrée Fontoy/Audun-le- Tiche. La création de la route nécessite la destruction de la liaison ferroviaire. Pourtant, si la voie ferrée était remise en service, elle pourrait régler une partie des problèmes de mobilité en permettant de connecter Audun-le-Tiche au réseau TER de Lorraine en direction de Thionville, Metz , Nancy. De plus, en favorisant la route par rapport à la voie ferrée, la liaison Belval/A30 est totalement à contre-courant des réflexions modernes issues du développement durable. Où est l'articulation avec le Plan Climat lorrain en cours d'élaboration ? Comment pourrons-nous réduire nos émissions de gaz à effet de serre en cautionnant de tels aménagements ? Ce projet est d’un autre âge et doit être abandonné au profit d’alternatives à étudier afin que l’amélioration de la mobilité transfrontalière, dense dans cette région de la Lorraine, se fasse dans le respect des contraintes environnementales incontournables. 

 

 

MICHEVILLE, UN ESPACE NATUREL À VALORISER AU COEUR DU BASSIN DE VIE

 

Cet espace de nature exceptionnelle, véritable poumon vert au sein du territoire mérite d’être préservé et valorisé à l’échelle intercommunale en un lieu de vie structurant accueillant des loisirs doux. Si les associations fédérées souhaitent s’attacher à la conservation du patrimoine naturel de Micheville, elles connaissent également les enjeux économiques liés au territoire, lauréat du concours ÉcoCité et faisant l’objet de l’engagement de l’État dans le cadre d’une Opération d’Intérêt National. La démarche ÉcoCité n’a de sens que si elle donne des obligations en termes d’actions innovantes et ambitieuses à l’égard de la prise en compte de la problématique environnementale : préserver le patrimoine naturel, assurer la sauvegarde de populations d’espèces remarquables, maintenir et renforcer la diversité des habitats n’a pas pour vocation de transformer les espaces naturels en sanctuaires et n’empêcherait pas un développement urbain maîtrisé. La valorisation de Micheville, situé au coeur du bassin de vie, constitue donc une réelle opportunité pour ce type de projet de développement : la future ville durable doit proposer une stratégie territoriale intégrée dans un cadre exemplaire de préservation de l’espace naturel.

La préservation de la biodiversité est l’affaire de tous : enjeu national, international mais qui commence au niveau local. Alors que vient de se clore la dixième conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique qui s’est tenue du 18 au 29 octobre 2010 à Nagoya, à laquelle Chantal Jouano, secrétaire d’État chargée de l’écologie a participé, il est important d’agir selon la « Stratégie nationale pour la biodiversité » qui prône la prise en compte de la biodiversité dans les politiques publiques (voir www.biodiversite2010.fr et www.uicn.fr).

Pour tout renseignement, veuillez contacter :

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9, allée des Vosges 55000 Bar-le-Duc – France

Tél. : +33 (0)3 29 46 40 00 - Fax : +33 (0)3 29 76 83 68

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EMPREINTE POSITIVE

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Dossier de presse interassociatif réalisé par Mirabel-lne, LPO Moselle, AGIRR FNAUT Lorraine, Flore 54 et Empreinte Positive.

 

 

   

 

 

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