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En 2010, célébrons la Biodiversité !

Dimanche, 10 janvier 2010

 

En proclamant 2010, 
Année internationale de la diversité biologique,
l’Organisation des Nations Unies
signe la célébration de la richesse biologique
de la vie sur Terre.

Fruit d’un processus d’évolution de milliards d’années, la biodiversité représente, à l’échelle mondiale, la variété des organismes vivants et de leurs écosystèmes. L’espèce humaine fait partie intégrante de la grande chaîne de la vie, constituée d’interdépendances complexes, et l’érosion de la biodiversité est une menace bien établie pour l’humanité.

Au-delà du risque d’extinction d’animaux emblématiques tels le panda, le tigre ou la baleine, la détérioration et la fragmentation des milieux abritant une forte concentration d’espèces végétales, animales et microbiologiques (forêt primaire, récifs coralliens, mangroves, zones humides), accélérées par les activités humaines toujours croissantes, constituent une situation alarmante. Certains modes d’occupation des sols et d’exploitation des ressources bouleversent les équilibres.

 

Déforestation par brûlis, pour mise en culture

Blanchiment des récifs coralliens

Zones humides : milieux de vie remarquable

Aujourd'hui, on estime que les espèces disparaissent à un rythme 100 à 1 000 fois supérieur au rythme d’extinction naturelle. Nombre d’espèces s’éteignent avant même d’avoir été étudiées. Ainsi, nous ne connaîtrions que 1,7 million d’espèces sur les 10 à 100 millions qui vivraient sur terre. Le Docteur Gro Harlem Brundtland, ex-ministre d'Etat en Norvège et présidente de l'OMS de 1998 à 2003 disait très justement : « La bibliothèque de la vie brûle et nous ne connaissons même pas les titres des livres ». Il faut comprendre que l'homme n'est pas le seul à avoir évolué depuis son origine et que tous les organismes vivants, plantes et microorganismes compris, ont réussi à s'adapter à des milieux parfois hostiles en recourant à des trésors d'ingéniosité. Chaque organisme synthétise des molécules complexes qui défient l’imagination des meilleurs biologistes.

Outre les vertus pharmacologiques des ressources biologiques (on estime que seulement 2 % des 300 000 espèces de plantes supérieures connues ont été analysées pour leurs propriétés pharmacologiques potentielles), les écosystèmes produisent l’alimentation, fournissent l'oxygène vital, contribuent à l’épuration de l’eau, stabilisent et modèrent le climat... Il s'agit des services écosystémiques.

La Convention sur la diversité biologique, traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 après d’âpres négociations, et l’engagement fort lors du Sommet de Johannesburg en 2002 n’ont pas permis la réduction de la perte de la biodiversité et son « utilisation » durable. Selon les rapports dÉvaluation des écosystèmes pour le millénaire, instance instaurée en 2000 par les Nations Unies, il a été établi que « l’activité humaine réduit le capital naturel de la Terre, exerçant des pressions si fortes sur l’environnement que nous ne pouvons plus présupposer de la capacité des écosystèmes de la planète à soutenir les générations futures ».

 

Sur fond d’un consensus scientifique et d’une prise de conscience planétaire, alerter sur les enjeux de la biodiversité est un des objectifs de l’Année internationale de la diversité biologique. Mais, passer des paroles aux actes, c’est-à-dire favoriser les prises de décisions concrètes aux niveaux local et international pour préserver la biodiversité et la reconquérir est une mission majeure au delà d’une simple célébration.

 

Humanité et biodiversité
Manifeste pour une nouvelle alliance

L’astrophysicien Hubert Reeves, président de la Ligue ROC estimant que c’est à court terme que la crise de la biodiversité menace l’Humanité, a lancé un appel à la mobilisation avec l’ouvrage collectif Humanité et Biodiversité, Manifeste pour une nouvelle alliance. Le manifeste propose une stratégie du changement basée en premier lieu sur l’action des pouvoirs publics intégrant un « réflexe biodiversité » à leur politique, à l’instar de l’outil d’aménagement Trame Verte Trame bleue adopté en France lors du Grenelle de l’Environnement, qui permettra dans les prochains mois de créer des corridors écologiques entre différentes zones d’intérêt biologique.

Au cœur de la Communauté de Communes du Pays Haut Val d’Alzette, nous pouvons nous attacher à la conservation et à la valorisation des richesses naturelles quasiment méconnues de notre territoire. Depuis 1992, la friche industrielle de Micheville est inscrite en partie (80 hectares sur les 350 hectares du site) dans l’inventaire Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) sous le nom Friche de l’ancienne mine de fer à ciel ouvert. Ce milieu jeune, issu d’une recolonisation naturelle, constitue un habitat à haute valeur biologique.


L’inventaire fait état d’une grande diversité d’espèces végétales et animales dont certaines sont remarquables et protégées. A titre d’exemple, quelques populations d’oiseaux nichant sur le site, sont classées en annexe I de la Directive Européenne 79/409/CEE dite Directive des Oiseaux et pourraient bénéficier de mesures de protection de leur habitat telles les Zones de Protection Spéciale (ZPS). La ZNIEFF présente aussi un intérêt botanique : au printemps, les orchidées fleurissent en abondance dont certaines espèces telle l’Ophrys Abeille, sont protégées au niveau du département meurthe-et-mosellan. Le site de Micheville bénéficie également d’une zone humide, la mare de la Houtte, lieu de vie de reptiles et amphibiens protégés par la Directive Européenne 92/43/CEE Habitats Faune Flore.


Dans la perspective de l’EcoCité Alzette-Belval et de la coopération transfrontalière, il faut espérer que ce patrimoine naturel fragile sera préservé, revalorisé et mis en réseau avec des espaces naturels aux caractéristiques biologiques analogues, depuis longtemps protégés au Luxembourg.

 

Mare de la Houtte, Micheville

Crapaud Calamite

Ophys Abeille

La pollinisation, service écologique
rendu par la biodiversité

A l’échelle de nos actions individuelles, nous pouvons aussi modérer les tendances de perte de la biodiversité. Dans nos jardins, cohabitons avec la diversité faunistique en offrant le gîte et le couvert ! Installons des nichoirs pour les oiseaux, des nids pour les abeilles solitaires, des abris pour les hérissons... Multiplions les sources d’alimentation des insectes pollinisateurs, en plantant des haies productrices de pollen et de nectar, en semant une flore sauvage d’intérêt apicole, en gardant un coin de prairie dans notre jardin, en évitant les pesticides et fongicides dans la culture de nos champs ou de notre potager...


"Personne ne peut dire comment sera cette planète dans 30 ans mais ça pourrait être vraiment lamentable. Tout dépend des décisions qui pourront être prises maintenant", nous dit Hubert Reeves. Alors, réagissons en changeant vite notre rapport au monde en érigeant le principe du respect de la vie au dessus de toute autre chose !

 

 

Pour en savoir plus :

  • Site officiel des Nations Unies pour l’Année internationale de la diversité biologique http://www.cbd.int/2010/welcome/ 
    Les Nations Unies mettent à disposition des ressources pour l'Année internationale de la diversité biologique et un agenda international des célébrations.

  • Convention sur la diversité biologique www.cbd.int
    Signée par 150 responsables de gouvernement au sommet de la Terre de Rio en 1992, la Convention sur la diversité biologique est dédiée à promouvoir le développement durable.

  • Portail français de l'Année internationale de la diversité biologique www.biodiversite2010.fr
    Site édité par Ministère de l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer

  • Biodiversité 2012 www.biodiversite2012.org
  • Le site biodiversité 2012 est initié par la Ligue ROC et son Président Hubert Reeves. Il a pris le relais de « biodiversité 2007 » ouvert en perspective des élections présidentielles de 2007.

  • La Ligue ROC www.roc.asso.fr
    La Ligue ROC inscrit sa démarche dans le cadre global de la préservation de la biodiversité dont l’humanité fait partie et dépend. Elle donne à ses actions une dimension éthique de respect du vivant.

  • Evaluation des Ecosystèmes pour le millenaire www.millenniumassessment.org
    L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire est née en 2000 à la demande du Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Elle a pour objectif d’évaluer les conséquences des changements écosystémiques sur le bien-être humain ; elle doit également établir la base scientifique pour mettre en œuvre les actions nécessaires à l’amélioration de la conservation et de l’utilisation durable de ces systèmes, ainsi que de leur contribution au bien-être humain.

  • Comité français de l’UICN www.uicn.fr
    Comité français du réseau des organismes et des experts de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France


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