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La prise en main par l'Etat du projet Alzette-Belval2015 est-elle une bonne nouvelle?
 
Communiqués pour la presse

 


Liaison Belval vers l’A30 : Contournement contre-nature

Mardi, 24 juillet 2012

De nouvelles nuisances pour les riverains en centre-ville d’Audun-le-Tiche et un désastre écologique sur Micheville… voilà ce qui arrivera si les pouvoirs publics s'obstinent à construire leur projet de « liaison Belval vers l’A30 », le faux contournement d’Audun-le-Tiche.

La justification de la construction a été faite par voie de presse systématiquement sur des scénarios de trafics imprécis, et des arguments mensongers pour mieux imposer ce projet ; un contournement qui ne contourne pas le centre-ville avec nécessité de pose de murs anti-bruit pour cette 2 x 2 voies, cherchez l’erreur… Les frontaliers qui se rendent chaque jour au Luxembourg en provenance d’Aumetz, soit 70% du trafic routier journalier de transit dans Audun-le-Tiche continueront à traverser le centre-ville. Pour la mobilité des frontaliers et la qualité de vie des Audunois, beaucoup de nuisances et de bouchons en perspective !

Face à l’expansion de Belval, nouvel eldorado luxembourgeois, Micheville apparaît comme une réserve foncière potentiellement lucrative et une vitrine pour le Pays-haut. Pour des questions de rentabilité socio-économiques nébuleuses, on sacrifie le poumon vert de la communauté de communes du Pays-haut val d’Alzette, dont la valeur écologique exceptionnelle a été attestée par les scientifiques naturalistes lorrains du conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) nommés par le préfet. Même les porteurs du projet routier et les élus locaux reconnaissent désormais cette richesse naturelle ; malgré tout, on peut constater que ces derniers ont une connaissance douteuse du terrain puisque c'est seulement le vendredi 13 juillet, juste après le lancement officiel des travaux de la route, que les élus sont enfin venus découvrir - il était temps ! - la carrière à ciel ouvert du site (voir l'article du RL du 14 juillet 2012).

Faire passer la route sur Micheville, c’est détruire un corridor écologique supra-national reliant deux zones luxembourgeoises protégées, c’est mettre en péril de nombreuses espèces, c’est ruiner des milieux naturels rares. Les mesures de protection de la zone (classement en espaces naturels sensibles, arrêtés de protection de biotope) et d’évaluation du corridor écologique a posteriori (c’est-à-dire après la construction de la route) ne sont pas à la hauteur des enjeux environnementaux. Dans leur avis du 12 janvier 2012, les scientifiques naturalistes du CSRPN ont préconisé l’intégration de Micheville au réseau écologique européen Natura 2000 et l’instruction d’une étude sur l’incidence de la route sur les zones protégées luxembourgeoises. Cette étude réglementairement indispensable embarrasserait-elle les porteurs du projet routier ? Les associations de protection de la nature de Lorraine (Mirabel Lorraine Nature Environnement, Agirr Fnaut, Empreinte positive) et du Luxembourg (Mouvement écologique) revendiquent une réévaluation de l’intérêt public du projet qui passe à travers Micheville.

Non, une route qui va apporter des nuisances en centre-ville et qui traverse un espace naturel à haute valeur écologique ne peut pas être une route « verte »… Un avant-goût de cette farce anti-développement durable ? Le vendredi 13 juillet à l’occasion du lancement officiel des travaux, une énorme pelle mécanique a été acheminée pour épater le badaud : la consommation d'énergie fossile associée au fonctionnement et au déplacement d'un tel engin nous interroge sur les véritables compétences de nos représentants des conseils généraux et régionaux, et de nos élus locaux en matière de développement durable, de préservation de nos ressources et d’utilisation des deniers publics à bon escient...

 


Rassemblement inter-associatif
vendredi, 13 juillet 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE

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Liaison routière Belval vers l’A30 : le projet anti-développement durable

En cette période de crise financière, d'aggravation des pollutions et de forte dégradation de la biodiversité, les travaux du projet tout-routier de liaison Belval vers l’autoroute A30 sont pourtant lancés officiellement vendredi 13 juillet 2012 par les pouvoirs publics sur la plate-forme basse de Micheville, et ce en l'absence de véritables débats publics et démocratiques.

À cette occasion, l’association luxembourgeoise Mouvement écologique, la CGT cheminots, la fédération régionale Mirabel LNE et les associations lorraines Agirr Fnaut Lorraine et Empreinte positive ont réaffirmé énergiquement leur opposition au tracé imaginé pour ce véritable FAUX contournement d’Audun-le-Tiche.

Les raisons de la mobilisation sont multiples : 

- Un projet à contre-courant !

La création de la route nécessiterait la destruction du tronçon terminal de la liaison ferroviaire Fontoy/Audun-le-Tiche : l’ancienne voie ferrée serait condamnée alors qu’elle pourrait être remise en service au trafic voyageur. En favorisant la route par rapport au rail, les pouvoirs publics français, totalement à contre-courant des réflexions modernes issues du développement durable, risquent de réaliser un projet passéiste, et tourneraient le dos à une solution alternative intermodale. 

- La future liaison routière = un égout à voitures et à poids lourds au cœur de l’agglomération ?

Les frontaliers et riverains en ont assez des bouchons : ils attendent que la collectivité règle d’urgence leurs problèmes de mobilité et de sécurité dans le centre-ville. Malgré cela, le tracé prévu par les pouvoirs publics français ne pourrait pas délester la traversée d’Audun-le-Tiche puisque la 2 x 2 voies passerait au cœur de la ville. Actuellement, les plus gros poids lourds n’ont pas la possibilité de passer dans Audun-le-Tiche à cause du pont-rail au niveau de la frontière, qui impose une contrainte de hauteur. La nouvelle infrastructure supprimerait cette contrainte, et permettrait aux grands camions venus de Belgique de rejoindre la France par le Luxembourg, tout en évitant Zoufftgen. La route a en réalité été pensée par les élus locaux pour permettre de conquérir de l’espace foncier sur la friche de Micheville dans un but de développement économique hypothétique conditionné par la dépollution des terrains aux grands frais du contribuable. Ce développement urbain pourrait générer plus de trafic, de pollutions, et le tracé choisi pour la route représenterait un « égout » à voitures et à poids lourds au cœur de l’agglomération nécessitant ainsi la pose de murs acoustiques pour limiter l’impact sur la population ! Pourtant, un vrai contournement d’Audun-le-Tiche aurait permis d’améliorer la qualité de vie, la sécurité et la qualité de l’air des Audunois et des frontaliers.  

- Une route destructrice de la nature

Le projet routier impacterait plus de 70 espèces végétales et animales protégées ou à haute valeur patrimoniale ainsi que leurs habitats sur Micheville. Les mesures compensatoires représenteraient 21 % du coût total de l’infrastructure. Cette part du budget consacrée à la nature confirme que les enjeux environnementaux sont considérables sur Micheville, friche industrielle naturellement recolonisée depuis 25 ans. Pourtant, ce montant n’est pas suffisant pour éviter que la future infrastructure routière ne rompe irrémédiablement un corridor écologique transfrontalier exceptionnel : l’association luxembourgeoise Mouvement écologique estime que la présence de Monsieur Wiseler, Ministre du Développement durable au Grand-Duché de Luxembourg à l’occasion du lancement officiel des travaux en France est un affront vis-à-vis des défenseurs de la nature puisque le projet de liaison du côté français aurait des répercussions potentiellement graves et non évaluées à ce jour sur les sites Natura 2000 du côté luxembourgeois. Rappelons que l’étude d’incidence du projet sur ces zones protégées luxembourgeoises proches de Micheville n’a pas été réalisée par les pouvoirs publics français contrairement à la législation en vigueur. Une plainte auprès de la Commission européenne de Bruxelles a été déposée par les ONG environnementales luxembourgeoises et françaises pour non respect de la législation de la Directive Faune/Flore.


Nous adressons un appel urgent :

Nous estimons que la création d'un espace protégé sur Micheville serait justifiée au regard de cette richesse naturelle en péril, apportant une meilleure qualité de vie aux habitants actuels et futurs de l’agglomération. Cette infrastructure routière, considérée a priori comme élément structurant de l’opération d’aménagement en cours, rend très improbable la gestion intégrée de la biodiversité et son maintien sur cette zone. L’opération d’intérêt national - OIN Alzette-Belval - fait notamment craindre des pressions foncières fortes qui pourraient contribuer à une artificialisation irrémédiable du territoire, à une destruction supplémentaire des continuités écologiques et à l'érosion de la biodiversité. L’État français a pourtant l’ambition de montrer l’exemple en termes de protection de la biodiversité : avec la réalisation de ce projet routier, il passe à côté d’une occasion de joindre la parole aux actes. La richesse biologique de Micheville et la valeur du corridor écologique transfrontalier ont conduit les scientifiques lorrains du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) à demander au préfet que le site soit classé en zone Natura 2000. Le préfet tiendra-t-il compte de cet avis ?

La législation européenne doit être respectée et une étude d’incidence Natura 2000 doit être réalisée (reprenant les effets sur la faune et la flore au niveau des sites protégés du Luxembourg). La violation de la législation européenne étant évidente, le projet de construction de route du côté français risquerait d’être retardé durant des années. Cette situation, qui ne peut pas être ni dans l’intérêt des autorités françaises ni luxembourgeoises, est une raison de plus pour lancer un appel aux autorités politiques, afin d’intégrer les réflexions du présent appel et de développer un projet routier et de transport public, répondant aux attentes des localités touchées par la circulation et tenant compte de la protection de l’environnement humain et naturel.

Ce projet d’un autre âge doit être abandonné au profit de solutions alternatives à étudier afin que l’amélioration de la mobilité transfrontalière se fasse dans le respect des enjeux environnementaux incontournables.


NON à la destruction de la voie ferrée Fontoy-Audun

OUI aux solutions intermodales alternatives

OUI à une mobilité durable pour les frontaliers

NON à une 2 x 2 voies au cœur de l’agglomération

OUI à un autre tracé respectueux de l’environnement

OUI à un vrai contournement d’Audun-le-Tiche

NON à la destruction de la biodiversité sur Micheville

NON à la dégradation des zones protégées de nos amis luxembourgeois, l'Europe doit réagir

OUI à une réserve naturelle transfrontalière sur Micheville étendue aux zones Natura 2000 luxembourgeoises

OUI à la préservation de la biodiversité pour le cadre de vie des frontaliers et des générations futures

Le développement soutenable, c’est pour quand ?


Téléchargez le communiqué au format PDF en cliquant ici

 

Liaison Belval vers l’autoroute A30 :
vers la destruction irrémédiable du corridor écologique transfrontalier
Mardi, 14 février 2012
Dans le cadre des travaux de la liaison routière « Belval vers l’autoroute A30 », le préfet de la région Lorraine vient d’autoriser, par arrêté préfectoral interdépartemental, la destruction et la perturbation des espèces animales protégées présentes sur l’emprise du projet, ainsi que la destruction ou l’altération de leurs habitats. Cette dérogation porte sur quelque 80 espèces protégées de flore, amphibiens, reptiles, chiroptères, mammifères, insectes et oiseaux, répertoriées sur Micheville et la plaine humide du ruisseau Beler constituant une mosaïque d’habitats naturels à haute valeur patrimoniale.

Il est utile de rappeler que lorsqu’ils envisagent des travaux dans les milieux naturels, les maîtres d’ouvrage doivent réaliser une étude complète afin de déterminer les impacts du projet sur les habitats et les espèces protégés, pour ainsi élaborer des mesures de suppression, de réduction et de compensation de ces impacts. Au cours des deux dernières années, les associations environnementales, fortes de leurs connaissances de terrain, ont participé à des réunions de concertation relatives à l’élaboration du dossier de dérogation du projet routier, organisées par les conseils généraux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, maîtres d’ouvrage de la liaison routière. Cependant, les maîtres d’ouvrage ont minimisé de façon déplorable les effets de la fragmentation des milieux naturels sans tenir compte des remarques essentielles des associations dans l’élaboration des mesures environnementales. La fédération Mirabel Lorraine Nature Environnement et l’association Empreinte Positive s’appuyant sur deux avis successifs (voir le premier avis et l'avis complémentaire) des experts du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Lorraine (CSRPN) dénoncent des mesures peu ambitieuses qui ne compenseraient pas la destruction du corridor écologique reliant Micheville et les zones Natura 2000 luxembourgeoises d’Esch-sur-Alzette et de Differdange. Pire, aucune évaluation des incidences de ce projet sur ces sites luxembourgeois protégés au niveau communautaire (situés entre 600 et 900 mètres du projet routier) n’a été réalisée, malgré l’évidence des impacts qu’aurait cette route sur les objectifs de conservation de ces sites (voir un courrier interassociatif, intersyndical adressé aux maîtres d’ouvrage du projet le 12 décembre 2011). Ignorant de manière radicale les recommandations argumentées des experts du CSRPN visant le maintien du corridor écologique et réclamant la réalisation d’une étude d’incidence Natura 2000, le préfet de région a décidé d’autoriser les travaux.

Alors que les acteurs locaux entendent structurer les futurs aménagements de l’opération d’intérêt national Alzette-Belval autour de ce nouvel axe routier, on peut légitimement dénoncer une démarche irrespectueuse vis-à-vis des enjeux écologiques sur le secteur. En effet, de par le fractionnement qu'elle créerait, l’infrastructure rendrait impossible l'intégration d'un espace naturel cohérent et fonctionnel à l'ensemble du programme d’urbanisation. Nous estimons pourtant que la création d'un espace protégé (une réserve naturelle transfrontalière par exemple) serait justifiée au regard de la richesse naturelle en présence et qu’il valoriserait de manière certaine et pérenne les zones urbaines alentour, apportant une meilleure qualité de vie à leurs habitants actuels et futurs. Cette infrastructure routière, considérée a priori comme élément structurant de l’opération d’aménagement en cours, rend très improbable la gestion intégrée de la biodiversité et son maintien sur cette zone. L’opération d’intérêt national Alzette-Belval fait craindre des pressions foncières fortes qui pourraient contribuer à une artificialisation irrémédiable du territoire, à une destruction supplémentaire des continuités écologiques et à l'érosion de la biodiversité en diminuant les possibilités de dispersion des espèces animales et végétales. La non prise en compte des impacts cumulés du projet routier et des opérations d’aménagement est scientifiquement injustifiable. Il aurait été nécessaire d'anticiper et de fondre le projet d'infrastructure et les grands projets d'aménagements fonciers en un seul programme pour avoir une vision globale, cohérente à long terme et ambitieuse en matière d’impacts sur la biodiversité.

Rappelons que la pertinence du projet routier est également contestée par des structures associatives sur le plan de la mobilité (voir à ce sujet le document d'Agirr-Fnaut "Liaison Belval-A30 : un projet d'intérêt général majeur ?"). Frontaliers et riverains réclament à juste titre, depuis un grand nombre d’années, des solutions efficaces en termes de gestion des déplacements urbains et des transports dans ce bassin de vie enclavé. Cependant, miser sur la liaison routière « Belval vers l’autoroute A30 », abusivement qualifiée par les élus locaux de « contournement d’Audun-le-Tiche », avec le tracé tel qu’il est défini actuellement, risque de provoquer un véritable scandale, quand dans quelques années, les habitants de la communauté des communes du Pays Haut Val d’Alzette constateront que la route ne résout pas les problèmes de saturation du trafic. Des solutions alternatives existantes, moins pénalisantes pour l'environnement, et privilégiant les modes doux de déplacement, pourraient répondre parfaitement aux besoins de mobilité de la population et du secteur économique. Dans la perspective de l’aménagement d’une agglomération transfrontalière véritablement durable, la réouverture au trafic voyageur de la voie ferrée Fontoy/Audun-le-Tiche (dont le tronçon terminal serait détruit par la liaison routière, condamnant à terme la réhabilitation de la ligne entière) pourrait par exemple offrir de belles opportunités de mobilité.  
 

La fracture Belval-A30

Lundi, 27 Juin 2011 15:53

Le projet de liaison routière Belval-A30 risque d’impacter plus de 70 espèces végétales et animales protégées ou à haute valeur patrimoniale ainsi que leurs habitats. Le 29 juin prochain, les conseils généraux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, maîtres d’ouvrage de ce projet routier, consulteront le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) sur le dossier de demande de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées qu’ils ont préparé dans ce cadre. L’avis rendu par le CSRPN viendra en amont de l’avis plus officiel du Conseil national de protection de la nature (CNPN) qui devrait être consulté avant la fin de l’année 2011.

Au-delà des destructions d’espèces et d’habitats engendrées par les travaux et l’emprise du projet, et malgré les efforts des maîtres d’ouvrages pour rendre cette route perméable (crapauducs, passages à faune, création de mares, déplacement d’espèces…), cette infrastructure romprait irrémédiablement un corridor écologique transfrontalier exceptionnel et participerait à l’appauvrissement de la biodiversité des zones Natura 2000 qu’il relie. Il est important de savoir que pour des raisons essentiellement topographiques, le corridor emprunté par les espèces sur cette zone transfrontalière correspond précisément au tracé envisagé pour le projet routier et que la partie française du secteur, actuellement classée en Zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF de près de 600 hectares) présente des habitats similaires aux sites Natura 2000 luxembourgeois limitrophes et une quantité d’espèces végétales et animales plus importante et plus diversifiée.

Sur un territoire à forts enjeux en termes de développement urbain, concrétisés par l’Opération d’intérêt national Alzette-Belval (OIN), nous n’avons aucune garantie de la pérennité des mesures compensatoires proposées : des désignations d’espaces naturels sensibles (ENS) ne seront pas suffisantes pour assurer la compatibilité des projets d’aménagements avec la préservation de la biodiversité exceptionnelle du secteur et du corridor transfrontalier.

L’OIN, chance tant attendue de ce territoire, devra se doter d’une approche globale et intégrée de la valeur écologique et des enjeux de développement. En termes d’aménagement et de développement durable, un projet « exemplaire » devrait considérer le corridor écologique et cette biodiversité comme la base de réflexion à partir de laquelle pourraient se construire des aménagements compatibles et respectueux du cadre de vie et des paysages en proposant des modes de déplacement doux, de la rénovation urbaine ambitieuse, de l’agriculture (raisonnée ou biologique) et la mise en valeur de tous les atouts du territoire. Ce sont là les enjeux de la valorisation d’un secteur, reconquis aujourd’hui en premier lieu par la nature.

 

Tracé du projet routier Belval-A30 (en rouge) dans le contexte de corridor écologique transfrontalier

 

Contact presse :
Fédération MIRABEL LNE – 09 81 98 30 12
Association Empreinte Positive – 06 08 71 56 76

 

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Des inquiétudes en béton...

Jeudi, 17 Mars 2011 13:53

S’il est un chantier qui suscite bien des interrogations, c’est celui de la centrale à béton Holcim Bétons SAS qui a débuté mercredi 9 mars 2011. Première pierre d’un aménagement de Micheville-bas particulièrement convoité par les élus locaux dans le cadre de l’ÉcoCité, cette imposante exploitation industrielle sera située à moins de 150 mètres d’une cité minière russangeoise, au coeur d’un espace abandonné, caractérisé par une biodiversité exceptionnelle.

Les incertitudes relatives à l’impact de l’installation sur la qualité de vie des populations riveraines sont multiples : L’exploitation sera-t-elle génératrice de bruit et de poussières ? À la fin du printemps, lorsque la centrale sera en activité, pourra-t-on encore ouvrir les fenêtres ? Cette exploitation va-t-elle défigurer le paysage depuis les jardins de la cité ouvrière ? Doit-on craindre la cadence infernale d’un ballet de poids lourds dans l’agglomération pour approvisionner le site en matériaux ? Malgré les prescriptions réglementaires relatives à cette Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), l’éventualité que les riverains puissent durement ressentir des nuisances n’est pas exclue. L’association Empreinte Positive se tient à la disposition de la population afin de centraliser les éventuelles réclamations relatives à la conformité, qu’elle se propose le cas échéant de formuler aux services d’inspection concernés.

 

Plus inquiétant, l’impact sur le plan sanitaire du chantier de construction est une question centrale : située sur le terrain de l’ancien moulin à scorie de Micheville, la mise en place de l’exploitation nécessite l’excavation de terres polluées par des métaux lourds dont le plomb. Ces terres resteront sur place puisque l’exploitant a choisi de ne pas les retraiter, mais elles sont actuellement retournées et déplacées sur la zone de chantier dans le cadre des travaux d'installation. Des mesures sanitaires adaptées sont-elles prises pour prémunir les ouvriers du chantier et les riverains des éventuelles émanations de composés toxiques préjudiciables à la santé ?

 

Alors que les politiques locaux se félicitent de mener une politique d’aménagement durable du territoire dans le cadre de l’éco-agglomération transfrontalière, on peut s’interroger sur la totale absence d’évaluation environnementale des travaux de cette exploitation sur la ressource naturelle du secteur. En janvier 2010, Empreinte Positive avait saisi l’autorité préfectorale sur les possibles conséquences néfastes de l'installation de la centrale à béton sur la richesse écologique de Micheville afin que la société puisse mettre en oeuvre d’éventuelles mesures de compensation. Alors que notre demande était en cours d’instruction auprès des services de la DREAL Lorraine, le 9 mars 2011, la société Holcim Bétons SAS, pourtant informée de la requête, a entrepris hâtivement les travaux de défrichement sur les 60 ares de l’exploitation, localisés sur une espace naturel de 500 hectares concerné par un projet de classement ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Ce projet de ZNIEFF, attestant de la richesse naturelle exceptionnelle de la friche industrielle et des mines à ciel ouvert de Micheville et de Rédange, frontalières avec la réserve naturelle de Differdange-Est classée Natura 2000, est actuellement en cours de validation finale auprès du Mueséum d’Histoire naturelle à Paris. Saisis par Empreinte Positive, les services de la DREAL Lorraine s’attachent à prescrire à Holcim Bétons SAS des mesures complémentaires de réduction de l’impact environnemental. S’il est trop tard pour compenser la perte d’habitat naturel due au défrichement, le géant du béton devra néanmoins se prémunir de toute entrave à la circulation des espèces sauvages tout en garantissant que le bassin de décantation ne devienne pas un piège à amphibiens. Une attention particulière devra être portée sur l’impact des travaux et des futures activités du site sur les chiroptères (10 espèces protégées de chauves-souris, dont le Grand rhinolophe ont été recensées sur Micheville) : en effet, sur le terrain de la future centrale à béton, un mur datant de l’exploitation minière a été mis au jour par les travaux de défrichement et correspond à un gîte tout à fait favorable pour les chauves-souris.

 

On comprend bien que le projet d’implantation de la centrale à béton Holcim corresponde à la vive volonté des politiques locaux d’avoir sur place la matière première nécessaire aux constructions et à l’édification d’une nouvelle zone urbaine. Cependant, les espoirs portés sur le développement économique du secteur frontalier ne doivent pas se convertir en une urbanisation précipitée. Les principes d’aménagement durable doivent assurer une répartition cohérente des futures activités et des constructions sous peine de nuire à la qualité de vie des riverains qui aspirent à un cadre de vie exempt de nuisances et de fragmenter les espaces naturels remarquables en portant atteinte à la biodiversité et au paysage.


Photo : défrichage du terrain d’Holcim Bétons SAS (11/03/2011)

 

 

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